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Association Fraternité et Communauté Catholique
Internationale
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Suite de la première partie de la Règle du Bienheureux François
d'Assise
XII - QU'IL FAUT ÉVITER LES REGARDS COUPABLES
ET LA FRÉQUENTATION DES FEMMES
Que tous les frères, où qu'ils soient et qu'ils aillent, se gardent des regards coupables et de la fréquentation des femmes et qu'aucun
ne s'entretienne (ou n'aille par les routes) seul avec elles, (ou ne mange à table dans la même écuelle) . Que les prêtres leur parlent avec dignité en les confessant ou en leur
donnant quelques avis spirituels. Que jamais aucune femme ne soit reçue à l'obéissance par aucun frère mais après avoir reçu des avis spirituels, qu'elle aille faire pénitence où elle
voudra.
Et veillons tous beaucoup sur nous, et retenons tous nos sens dans la pureté car dit le Seigneur : « Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà
commis l'adultère avec elle dans son cœur. »
XIII - DU CHATIMENT DES
FORNICATEURS
Si quelque frère à l'instigation du démon commet le Péché de fornication qu'on le dépouille de l'habit de l'Ordre qu'il a perdu par son abjection le droit de porter. Qu'il
l'abandonne tout à fait et qu'on le chasse complètement de notre Ordre. Et qu'il fasse ensuite pénitence de ses péchés.
XIV - COMMENT LES FRÈRES DOIVENT ALLER PAR LE MONDE
Quand les frères vont par le monde, qu'ils ne portent rien en route, ni bourse, ni besace, ni pain, ni argent, ni bâton.
En quelque maison qu'ils entrent, qu'ils disent d'abord: Paix à cette maison. Qu'ils demeurent dans la même maison, mangeant et buvant ce qu'il y aura là. Qu'ils ne
résistent pas au méchant mais si quelqu'un les frappe sur une joue, qu'ils lui tendent encore l'autre et si quelqu'un leur prend leur manteau, qu'ils ne l'empêchent pas de prendre aussi leur
tunique. Qu'ils donnent à quiconque leur demande et si on leur enlève ce qui leur appartient, qu'ils ne réclament point.
XV - QUE LES FRÈRES N'AIENT POINT DE BÊTES
ET QU'ILS N'AILLENT PAS A CHEVAL
J'enjoins à tous mes frères, aussi bien clercs que laics qui vont par le monde ou qui restent dans leurs couvents, de n'avoir aucune
bête ni chez eux, ni chez les autres, ni de toute autre façon. Et qu'il ne leur soit point permis d'aller à cheval, à moins qu'ils n'y soient contraints par la maladie ou par
quelque nécessité pressante.
XVI - DE CEUX QUI VONT CHEZ LES SARRASINS
ET AUTRES INFIDÈLES
Le Seigneur a dit :
« Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents et simples comme
des colombes. »
Aussi, que tous ceux des frères qui par inspiration divine, voudront aller chez les
Sarrasins et autres infidèles, ils y aillent avec la permission de leur ministre et serviteur. Et que le ministre leur accorde cette permission et ne la refuse pas s'il voit qu'ils
sont aptes à partir car il sera tenu d'en rendre raison au Seigneur, si en cela ou en autres choses, il agit sans discernement.
Les frères qui partent, ont au point de vue spirituel deux façons de se conduire parmi les
infidèles. La première est de ne soulever ni débats ni discussions mais d'être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et de se proclamer chrétiens. La seconde est
lorsqu'ils croiront qu'il plaît à Dieu d'annoncer la parole de Dieu, pour que les infidèles croient au Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint Esprit, Créateur de toutes choses
au Fils Rédempteur et Sauveur et pour qu'ils soient baptisés et deviennent chrétiens car :
"Nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit-Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. "
Cela et tout ce qui plaira à Dieu, ils peuvent le prêcher aux infidèles et aux autres, car, dit le Seigneur dans l'Évangile : « Quiconque me, confessera devant les hommes, Je le confesserai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux et Quiconque rougira de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme rougira aussi de lui quand il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges. »
Que tous les frères se souviennent partout qu'ils se sont donnés et qu'ils ont abandonné leur corps à Notre-Seigneur Jésus-Christ, et
que pour son amour ils doivent s'exposer à tous les ennemis visibles et invisibles, car, dit le Seigneur : « Qui aura perdu sa vie pour moi, la sauvera,
pour la vie éternelle. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice car le royaume des cieux leur appartient. S'ils m'ont Persécuté, ils vous persécuteront
aussi. Mais s'ils vous persécutent dans une ville, fuyez dans une autre. Bienheureux êtes-vous lorsque les hommes vous haïront et vous maudiront, vous
repousseront et vous outrageront et rejetteront votre nom comme infâme et lorsqu'ils diront en mentant toute sorte de mal contre vous à cause de moi.
Réjouissez-vous en ce jour et soyez dans l'allégresse parce que votre récompense sera grande dans les cieux.
Je vous dis donc à vous qui êtes mes amis de ne pas vous effrayer de tout cela, de ne pas craindre ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus. Gardez-vous
de vous troubler car par votre patience vous sauverez vos âmes. Et celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. »
XVII - DES PRÉDICATEURS
Que nul des frères ne prêche contrairement à l'usage et aux préceptes de la sainte Église romaine, ni
sans avoir obtenu la permission de son ministre. Et que le ministre veille à ne pas l'accorder à quelqu'un sans discernement. Mais que tous les frères prêchent par leurs
exemples. Qu'aucun ministre ou prédicateur ne s'approprie le gouvernement des frères ou l'office de la prédication, mais à quelque heure qu'il en reçoive l'injonction, qu'il abandonne
aussitôt sa charge sans protestations. Aussi je supplie, au nom de l'amour qu'est Dieu, tous mes frères prédicateurs, orateurs et travailleurs, aussi bien clercs que lais, qu'ils s'efforcent de
s'humilier en tout, de ne pas se glorifier, de ne pas se réjouir en eux-mêmes, de ne pas s'exalter intérieurement de leurs belles paroles et de leurs belles oeuvres ni même d'aucun bien que Dieu
dit ou fait et accomplit parfois en eux et par eux, selon ce que dit le Seigneur : « Cependant ne vous réjouissez
pas de ce que les esprits vous sont soumis. » 
Et persuadons-nous bien qu'il ne nous appartient en propre que nos vices et nos péchés. Nous devons plutôt nous réjouir quand nous sommes en butte à des épreuves de toute sorte et
quand nous souffrons en ce monde, pour mériter la vie éternelle, des angoisses et des tribulations, quelles qu'elles soient, dans notre âme ou notre corps.
Aussi, tenons-nous en garde, mes frères, contre tout orgueil et toute vaine gloire. Préservons-nous de la sagesse de ce monde et de la prudence de la chair car l'esprit charnel veut
et recherche beaucoup les mots et s'inquiète peu des actes, il ne s'occupe pas d'une religion et d'une sainteté intérieures de l'esprit, mais il veut une religion et une sainteté qui
éclatent extérieurement aux yeux des hommes. C'est de ceux-là que le Seigneur a dit : « En vérité je vous le dis, ils ont
reçu leur récompense. »
Mais l'esprit du Seigneur veut que la chair soit mortifiée et méprisée, tenue pour vile et abjecte et déshonorante, il recherche l'humilité et la patience, la pure
simplicité et la véritable paix de l'esprit et toujours et par-dessus tout il désire la crainte de Dieu, la divine sagesse et le divin amour du Père, du Fils et du
Saint-Esprit. Rapportons tous les biens au très haut et souverain
Seigneur Dieu, et reconnaissons que tous les biens sont à lui, rendons-lui grâce de tous, car c'est de lui que tous procèdent. Et que lui, très haut, souverain et seul vrai Dieu
possède, qu'on lui rende, qu'il reçoive tous honneurs, et toute révérence, toutes louanges et bénédictions, toutes actions de grâces et toute gloire, lui à qui tout bien appartient en propre, lui
qui seul est bon. Et quand nous voyons ou entendons dire ou faire le mal, ou blasphémer Dieu, nous, bénissons par nos paroles et par nos actes, et louons le Seigneur qui est béni dans
les siècles. Amen.
XVIII - COMMENT LES MINISTRES DOIVENT SE RÉUNIR
Que tous les ministres puissent se réunir avec leurs frères, où il leur semblera bon, en la fête de saint Michel, archange, pour s'entretenir des choses de Dieu. Et que tous les
ministres qui sont au-delà de la mer et au-delà des monts, viennent au chapitre une fois tous les trois ans, et les autres ministres une fois par an, en la fête de la Pentecôte, dans l'église de
Sainte-Marie de la Portioncule, s'il n'en a pas été autrement ordonné par le ministre et serviteur de toute la fraternité.
XIX - QUE LES FRÈRES VIVENT EN CATHOLIQUES
Que tous les frères soient catholiques, vivent et parlent en catholiques. Si l'un d'eux pèche contre la foi et la vie
catholique en paroles ou en actions, et s'il ne s'amende pas, qu'on le chasse absolument de notre fraternité. Tenons pour nos maîtres tous les clercs et tous les religieux, en ce qui
concerne le salut de notre âme et n'est pas contraire à notre règle et révérons dans le Seigneur leur ordre, leur office et leur ministère.
XX - DE LA CONFESSION DES FRÈRES ET DE LA RÉCEPTION DU CORPS ET DU SANG DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST
Que mes frères bénis, aussi bien clercs que laics, confessent leurs péchés aux prêtres de notre
Ordre. Et s'ils ne le peuvent, qu'ils les confessent à d'autres prêtres prudents et catholiques. Fermement persuadés et considérant que de quelque prêtre catholique
qu'ils reçoivent la pénitence et l'absolution, ils sont sans aucun doute absous de leurs péchés, pourvu qu'ils aient soin d'accomplir humblement et fidèlement la pénitence à eux
imposée. S'ils ne peuvent trouver de prêtre, qu'ils se confessent à leur frère, comme le dit l'apôtre Jacques : Confessez vos péchés l'un à l'autre. Qu'ils ne
négligent cependant pas dans ce cas de recourir ensuite aux prêtres, à qui seuls a été accordé le pouvoir de lier et de délier. Et qu'ainsi contrits et confessés ils reçoivent
le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ avec grande humilité et vénération, se souvenant de la parole du Seigneur :
"Celui qui mange ma chair et boit mon sang possède la vie éternelle et Faites ceci en
mémoire de moi."
XXI - DES LOUANGES ET EXHORTATIONS QUE PEUVENT PRONONCER LES FRÈRES
Et tous mes frères peuvent quand il leur plaira, prononcer cette exhortation et cette louange, ou
quelque autre analogue, devant n'importe qui, avec la bénédiction de Dieu : « Craignez et honorez, louez et bénissez, remerciez et adorez le Seigneur Dieu tout-puissant, dans la Trinité et
l'Unité, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur de toute choses. Faites pénitence, faites de dignes fruits de pénitence car sachez que vous mourrez bientôt.
Donnez et il vous sera donné. Pardonnez et il vous sera pardonné. Et si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs péchés, le Seigneur ne vous pardonnera pas les vôtres. Confessez tous vos péchés. Bien heureux ceux
qui meurent dans la pénitence, car ils iront dans le royaume des cieux. Malheur à ceux qui ne meurent pas dans la pénitence, car ils sont les fils du démon dont ils font les oeuvres, et ils iront
au feu éternel. Gardez-vous et abstenez-vous de tout mal, et persévérez jusqu'à la fin dans le bien. »
XXII - ADMONITION AUX FRÈRES
Considérons tous, mes frères, ce que dit le Seigneur : « Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent. » Car Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont nous devons suivre les traces, a appelé son ami celui qui le trahissait, et s'est offert spontanément à ses bourreaux. Nos amis, ce sont donc tous ceux qui nous infligent injustement des tribulations et des peines, des humiliations et des injures, des douleurs et des tourments, le martyre et la mort, nous devons les aimer beaucoup, car ce qu'ils nous infligent nous procure la vie éternelle. Haïssons notre corps avec ses vices et ses péchés, parce qu'en vivant sensuellement il veut nous arracher l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ et la vie éternelle, et se perdre en enfer, lui-même et tout ce qui est à lui; et encore parce que nos fautes nous rendent infects, misérables, adversaires du bien, prompts au contraire et inclinés au mal, car, comme le dit le Seigneur dans l'Évangile : « Du cœur de l'homme procèdent et sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les homicides, les vols, l'avarice, la fraude, l'impudicité, les regards coupables, les faux témoignages, les blasphèmes, l’orgueil, la folie. Tous ces maux procèdent de l'intérieur du cœur de l'homme et ce sont eux qui souillent l'homme. »
Mais maintenant que nous avons renoncé au monde, nous n'avons rien d'autre à faire que de mettre tous nos soins à suivre la volonté du
Seigneur et à lui plaire. Prenons bien garde à ne pas être le sol du chemin, ou la terre pierreuse ou couverte d'épines, selon la parole du Seigneur dans l'Évangile : « La semence, c'est la parole de Dieu. Ce qui est tombé sur le chemin et a été foulé aux pieds, figure ceux qui entendent la parole sans la comprendre ; et aussitôt
survient le démon, il s'empare de ce qui avait été semé dans leurs cœurs et arrache la parole de leurs cœurs, de peur qu'ils ne croient et ne soient sauvés. Ce qui est tombé parmi les pierres
figure ceux qui, dès qu'ils ont entendu la parole, la reçoivent immédiatement avec joie ; mais à l'heure de la tribulation et de la persécution, ils se scandalisent sur-le-champ de cette parole,
ceux-là n'ont pas en eux de racines, mais sont inconstants, car ils croient un moment et au temps de la tentation ils succombent. Ce qui est tombé parmi les épines figure ceux qui entendent la
parole de Dieu, mais les soucis et les embarras de ce monde, les séductions des richesses et les autres convoitises pénètrent en eux et y étouffent la parole qui devient stérile. Mais au
contraire ce qui a été semé dans une bonne terre figure ceux qui ayant entendu la parole d'un cœur bon et excellent, la comprennent, la conservent et portent des fruits par la patience.
»
C'est pourquoi, mes frères, laissons, comme dit le Seigneur, les morts ensevelir les morts. Et gardons-nous bien de la méchanceté et de
l'ingéniosité de Satan, qui veut que l'homme n'élève point son esprit et son cœur vers le Seigneur Dieu par des manœuvres, sous prétexte de quelque récompense ou de quelque avantage, il tâche de
s'emparer du cœur de l'homme, d'étouffer dans sa mémoire la parole et les préceptes du Seigneur et il veut aveugler son cœur par les affaires et les soucis de la terre, pour y faire sa demeure,
comme dit le Seigneur: « Quand l'esprit impur est sorti d'un homme, il va et
vient par les lieux arides et desséchés, cherchant du repos ; et n'en trouvent pas il dit : je retournerai dans ma maison dont je suis sorti. Et quand il y revient, il la trouve vide, balayée et
ornée. Alors il va chercher sept autres esprits plus méchants que lui, ils y entrent et y font leur demeure, et le dernier état de cet homme est pire que le premier.
»
Aussi, mes frères, soyons tous bien sur nos gardes, de peur que, sous prétexte de quelque récompense, de quelque oeuvre ou de quelque avantage, nous ne perdions et détournions de Dieu notre
esprit et notre cœur.
Mais par le saint amour qu'est Dieu, je supplie tous les frères aussi bien les ministres que les autres,
d'écarter tout obstacle, de rejeter tout souci, toute préoccupation, le mieux qu'ils peuvent afin de servir d'aimer, d'adorer et d'honorer le Seigneur Dieu, d'un cœur pur et d'un esprit droit ce
qu'il demande par-dessus tout.
Faisons-lui toujours en nous un tabernacle et une demeure, à lui le Seigneur Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, qui dit
:
"Veillez donc et priez en tout temps afin que vous soyez trouvés dignes d'échapper à tous ces maux qui
arriveront et de paraître debout devant le Fils de l'homme"
Et lorsque vous voudrez prier, dites : Notre Père qui êtes aux cieux. Adorons d'un cœur pur car il
faut toujours prier et ne jamais se lasser, car ce sont de tels adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent doivent l'adorer en esprit et en vérité. Recourons à lui
comme au pasteur et à l'évêque de nos âmes, à lui qui a dit :
"Je suis le bon Pasteur, je pais mes brebis et je donne ma vie pour mes brebis. Vous êtes tous frères, n'appelez personne sur la terre du nom de père, car vous n'avez qu'un seul
Père, qui est dans les cieux. Ne vous faites point appeler maîtres car vous n'avez qu'un seul Maître, qui est dans les cieux, le Christ. Si vous demeurez en moi et que mes
paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez et cela vous sera accordé. Partout où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux.
Voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. je suis le chemin, la vérité et la vie.
»
Suivons donc les paroles, la vie, la doctrine et le saint Évangile de Celui qui a daigné prier son Père
pour nous et nous manifester son nom en disant : « Mon Père, j'ai manifesté votre nom aux hommes que vous
m'avez donnés car je leur ai donné les paroles que vous m'avez données. Ils les ont reçues et ils ont vraiment connu que je suis sorti de vous et ils ont cru que vous m'avez
envoyé. Je prie pour eux, je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m'avez donnés parce qu'ils sont à vous et que tout ce qui est à moi est à
vous.
Ô Père saint, gardez en votre nom ceux que vous m'avez donnés afin qu'ils ne fassent qu'un, à notre exemple. Je dis cela dans le monde pour qu'ils aient en eux la plénitude de la joie. Je
leur ai apporté votre parole et le monde les a haïs parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je n'en suis pas moi-même.
Je ne vous demande pas de les retirer du monde mais de les préserver du mal.
Sanctifiez-les dans la vérité. Votre parole est Vérité. Comme vous m'avez envoyé dans le monde, je les y ai aussi envoyés. Je me sanctifie moi-même pour eux afin
qu'ils soient eux aussi sanctifiés dans la vérité. Ce n'est pas seulement pour eux que je prie mais aussi pour ceux qui sur leurs paroles croiront en moi et pour que tous ils
soient un et que le monde croie que vous m'avez envoyé et que vous les avez aimés comme vous m'avez aimé.
Et je leur ferai connaître votre nom, afin que l'amour dont vous m'avez aimé soit en eux et que moi aussi je sois en eux. Mon Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux que là
où je suis ils y soient avec moi, pour qu'ils voient votre gloire dans votre royaume. »
XXIII - PRIÈRE, LOUANGE ET ACTION DE GRÂCES
Tout-puissant, très haut, très saint et souverain Dieu, Père saint et
juste, Seigneur Roi du ciel et de la terre, nous vous rendons grâces pour vous-même, car par votre sainte volonté et par votre Fils unique vous avez créé dans l'Esprit-Saint tous les êtres
spirituels et corporels, et vous nous avez placés dans le paradis après nous avoir faits à votre image et à votre ressemblance, et nous, nous sommes tombés par notre faute. Et nous vous
rendons grâces encore parce que, de même que vous nous avez créés par votre Fils, de même aussi par le vrai et saint amour que vous avez eu pour nous, vous l'avez fait naître, lui vrai Dieu et
vrai homme, de la glorieuse et bienheureuse sainte Marie toujours vierge, et par sa croix, son sang et sa mort, vous avez voulu nous racheter de la servitude. Nous vous rendons grâces aussi parce
que votre Fils lui-même reviendra dans la gloire de sa majesté pour envoyer au feu éternel les maudits qui n'ont pas fait pénitence et qui ne vous ont pas connu, et pour dire à tous ceux qui vous
ont connu, adoré et servi dans la pénitence :
« Venez, les bénis de mon Père, recevez le royaume qui vous a été préparé depuis l'origine du monde.
»
Et parce que nous tous misérables et pécheurs nous ne sommes pas dignes de prononcer votre nom, nous supplions Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils bien-aimé en qui vous avez mis toutes vos complaisances de vous rendre grâces, avec l'Esprit-Saint consolateur, comme il vous plaît et comme il leur plaît, pour tous vos bienfaits, lui qui vous suffit à tout et par qui vous avez tant fait pour nous. Alleluia. Et sa glorieuse mère, la bienheureuse Marie toujours Vierge, les bienheureux Michel, Gabriel et Raphaël, et tous les chœurs des esprits bienheureux, des séraphins, des chérubins et des trônes, des dominations, des principautés et des puissances, des vertus, des anges et des archanges, les bienheureux Jean-Baptiste, Jean évangéliste, Pierre et Paul, les bienheureux patriarches, prophètes, saints Innocents, apôtres, évangélistes, disciples, martyrs, confesseurs et vierges, les bienheureux Élie et Énoch, tous les saints qui ont été, qui seront et qui sont » nous les supplions humblement pour l'amour de vous, de vous rendre grâces comme il vous plaît pour tous ces bienfaits, à vous Dieu souverain et véritable, éternel et vivant, avec votre Fils bien-aimé, Notre-Seigneur Jésus-Christ et l'Esprit-Saint consolateur dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Alleluia.
Et tous ceux qui dans la sainte Église catholique et apostolique veulent servir le Seigneur Dieu, tous les ordres ecclésiastiques, prêtres, diacres, sous-diacres, acolytes, exorcistes, lecteurs, portiers, et tous les clercs, tous les religieux et toutes les religieuses, tous les jeunes gens et les enfants, les pauvres et les indigents, les rois et les princes, les ouvriers, les laboureurs, les serviteurs et les maîtres, toutes les vierges, celles qui gardent la continence, les épouses, les laïques, hommes et femmes, tous les petits, les adolescents, les jeunes et les vieux, les bien portants et les malades, tous les humbles et les grands, tous les peuples et les races, les tribus et les gens de toutes langues, toutes les nations et tous les hommes de la terre entière, ceux qui sont et ceux qui seront, nous les prions humblement et nous les supplions, nous tous frères Mineurs, serviteurs inutiles, de nous demander la grâce de persévérer tous dans la vraie foi et dans la pénitence, car personne autrement ne peut être sauvé.
Aimons tous, de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit, de toute notre force et de toute notre puissance, de toute notre intelligence et de toutes nos facultés, de tous nos efforts, de toute notre affection, de toutes nos entrailles, de tous nos désirs et nos volontés, le Seigneur Dieu qui nous a donné et qui nous donne à tous tout notre corps, notre vie, qui nous a créés et rachetés et qui nous sauvera par sa seule miséricorde, qui nous a donné et nous donne tous les biens à nous misérables et malheureux corrompus et infects, ingrats et méchants.
Que nos désirs et notre volonté, nos goûts et nos joies n’aient donc d'autre objet que notre Créateur, Rédempteur et Sauveur, seul vrai Dieu, qui est le bien dans sa plénitude, tout le bien, le bien entier, le vrai et souverain bien, seul est bon, miséricordieux et doux, aimable et plein suavité, qui seul est saint, juste, vrai et droit, qui seul est bienveillant, immaculé et pur, de qui, par qui et en qui sont tout pardon, et toute grâce, et toute gloire de tous les pénitents et de tous les justes, de tous les bienheureux qui se réjouissent ensemble dans les cieux. Ainsi donc que rien ne nous arrête, que rien ne nous sépare, que rien ne s'interpose entre nous. Partout, en tout lieu, en toute heure et en tout temps, croyons tous, chaque jour et continuellement, vraiment et humblement, possédons dans notre cœur et aimons, honorons, adorons, servons, louons et bénissons, glorifions et exaltons au-dessus de tout, magnifions et remercions le très haut et souverain Dieu éternel, Trinité et Unité, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur de toutes choses, Sauveur de ceux qui croient en lui, qui espèrent en lui et qui l'aiment, lui qui n'a ni commencement ni fin, qui est immuable, invisible, inénarrable, ineffable, incompréhensible, insondable, béni, digne de louanges, glorieux, exalté au-dessus de tout, sublime, élevé, suave, aimable, délectable, et toujours, et entièrement, et par-dessus toutes choses désirable dans les siècles des siècles.
Au nom du Seigneur je demande à tous les frères d'apprendre les termes et le sens de ce qui est écrit dans cette règle de vie pour le salut de notre âme, et de se les remémorer fréquemment. Et je supplie Dieu, lui qui est tout-puissant, trine et un, de bénir lui-même tous ceux qui les enseignent, les apprennent, les possèdent, les retiennent et les mettent en pratique, chaque fois qu'ils se rappellent et qu'ils observent ce qui est écrit ici pour notre salut. Et je les prie tous, en leur baisant les pieds, d'aimer beaucoup, de garder et de conserver ces paroles.
Et de la part de Dieu tout-puissant et du seigneur pape, et au nom de l'obéissance, moi, frère François, je prescris fermement et j'ordonne qu'à tout ce qui est écrit dans cette règle de vie nul ne retranche ni n'ajoute rien, et que les frères n'aient pas d'autre règle.
Gloire au Père au Fils et au Saint Esprit. Comme il était dès le commencement, maintenant et toujours dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
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