|
|
Association Fraternité et Communauté Catholique
Internationale
|
![]() |
Qu. 30 : Comment réprimer les mouvements de la passion mauvaise
?
R. : Par un amour ardent des commandements de Dieu, tel que paraît l'avoir possédé celui qui a dit : "Les décisions de Dieu sont vérité et, en plus, elles
sont justes ; elles sont plus désirables que l'or et la pierre très précieuse, plus douces que le miel et qu'un rayon de miel" (Ps 18,10-11).Toujours, en effet, tous les saints l'ont prouvé, le
désir de biens meilleurs que l'on a la possibilité et la puissance d'atteindre, fait mépriser et rejeter les biens inférieurs : à combien plus forte raison ce qui est méprisable et
honteux.
Qu. 31 : N'est-il absolument pas permis de rire
?
R. : Le Seigneur a condamné ceux qui rient en cette vie (Lc 6,25). Il est donc évident
qu'il n'y a jamais pour le chrétien de circonstance où il puisse rire, surtout au milieu de tant d'autres qui offense Dieu en transgressant sa loi (Rm 2,23) et sont livrés à la mort dans le
péché, ce pourquoi il faudrait bien plutôt craindre et gémir sur eux.
Qu. 32 : D'où vient le besoin intempestif et exagéré de dormir, et comment y obvier ?
R. : Un tel sommeil provient de la paresse de l'âme à
s'occuper des choses de Dieu, et de notre indifférence pour les jugements divins. Nous y remédions en pensant vraiment et sérieusement à la majesté divine, et en cherchant l'accomplissement des
volontés de Dieu : "Je n'accorderai pas le sommeil à mes yeux, ni l'assoupissement à mes paupières, ni le repos à mes tempes, que je n'aie d'abord trouvé un lieu pour le Seigneur et un temple
pour le Dieu de Jacob" (Ps 131,4-5)
Qu. 33 : Comment se trahit celui qui veut plaire aux hommes ?
R. : Par l'empressement envers ceux dont il reçoit des louanges et la mauvaise volonté à l'égard
de ceux par qui il est critiqué. Si on veut, en effet, plaire à Dieu, on sera partout et toujours le même, suivant ces paroles : "...Par les armes de la justice à droite et à gauche, dans
l'honneur et le déshonneur, dans la bonne et la mauvaise réputation, considérés comme imposteurs et cependant sincères" (2 Co 6,7-8).
Qu. 34 : Comment éviter le vice du respect humain qui fait
prendre en considération les louanges des hommes ?
R. : Par le sentiment de
la présence de Dieu, le désir persévérant de lui plaire, et un désir fervent des béatitudes promises par le Seigneur, car aucun serviteur ne songera à plaire à son compagnon en présence du
maître, au mépris de celui-ci et au risque d'être condamné par lui.
Qu. 35 : Comment se manifeste l'orgueilleux et par quel moyen le guérit-on ?
R. : L'orgueilleux se manifeste par la recherche de la prééminence ; il se guérit par la foi en
celui qui a dit : "Le Seigneur résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles" (Jc 4,6). Il faut pourtant bien savoir ceci : de quelque manière que l'on craigne la sentence encourue par
l'orgueil, on ne peut cependant se libérer de cette passion qu'en s'abstenant de tout exercice de supériorité, comme on ne désapprend une langue ou un art qu'en cessant tout à fait non seulement
de pratiquer ou de parler soi-même, mais aussi d'entendre parler et de voir pratiquer d'autres. C'est là du reste ce qu'il faut faire pour n'importe quel vice.
Qu. 36 : Faut-il rechercher la considération ?
R. : Nous avons appris qu'il faut rendre honneur à qui l'honneur est dû (Rm 13,7), mais le Seigneur nous défend de le rechercher
: "Comment pouvez-vous croire, dit-il, vous qui rechercher la gloire, que vous vous donnez les uns aux autres, et ne cherchez point la gloire qui vient à Dieu seul ?" (Jn 5,44) Désirer l'estime
des hommes est donc l'indice d'un manque de foi et d'un manque de piété, car l'Apôtre a dit : "Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ" (Ga 1,10). Si on encourt un
tel jugement en acceptant seulement la gloire humaine, on méritera une horrible condamnation en la recherchant quand elle n'est pas offerte.
Qu. 37 : Lorsqu'on est lent à exécuter un ordre, comment
peut-on recouvrer son zèle ?
R. : En pensant sérieusement à la présence de
Dieu qui voit tout, à la menace proférée contre les négligents, à l'espoir d'une grande récompense promise par le Seigneur dans ces paroles de l'Apôtre disant que chacun sera rémunéré selon son
travail (1 Co 3,8), et enfin à tout ce qui a été écrit de semblable pour exciter, en chacun, le zèle et la patience dans le but de glorifier Dieu.
Qu. 38 : Si un frère résiste d'abord à un ordre donné, mais ensuite va spontanément l'exécuter ?
R. : Par sa résistance il est rebelle, et porte les autres à l'imiter, il se jugera donc sous le
coup de cette condamnation : "Le méchant provoque les rébellions, mais le Seigneur lui enverra un ange impitoyable" (Pr 17,11). Il doit pourtant bien se convaincre qu'il résiste ou obéit non pas
à un homme, mais au Seigneur, car celui-ci a dit : "Qui vous écoute m'écoute, et qui vous méprise me méprise" (Lc 10,16). S'il se repent, il s'excusera d'abord avec contrition et, si on le lui
permet encore, il accomplira son travail.
Qu. 39 : Si quelqu'un murmure en obéissant
?
R. : L'Apôtre ayant dit : "Faites tout sans murmure ni discussion" (Ph.2,14), on tient à
l'écart de la communauté celui qui murmure et on retire de l'usage commun le produit de son travail. Il est clair qu'un tel frère souffre de manque de foi et d'incertitude dans
l'espérance.
Qu. 40 : Si un frère en attriste un autre, comment faut-il
qu'il se corrige ?
R. : S'il l'a contristé dans le sens dont parle l'Apôtre : "Vous avez été attristés selon Dieu, ainsi la peine que je
vous ai causée ne vous a nullement été désavantageuse" (2 Co 7,9), ce n'est pas à celui qui a causé cette peine à s'amender, mais à celui qui l'éprouve à montrer qu'elles sont précisément les
propriétés de la tristesse selon Dieu. Mais s'il l'a contristé pour des choses indifférentes, qu'il se souvienne des paroles de l'Apôtre : "Si tu attristes ton frère pour une question de
nourriture, tu ne te conduis pas selon la charité" (Rm 14,15). Reconnaissant ainsi sa faute, qu'il obéisse à l'avertissement du Seigneur : "Si tu portes ton offrande à l'autel et, là, tu te
souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l'autel et va, d'abord, te réconcilier avec ton frère, puis viens et présente ton offrande" (Mt
5,23,24).
Qu. 41 : Si le coupable ne consent pas à s'excuser pour la
peine qu'il a causée ?
R. : Il convient de lui appliquer le traitement prescrit par le Seigneur à l'égard du pécheur impénitent : "S'il n'écoute
pas l'assemblée, qu'il soit pour vous comme un païen et un publicain" (Mt 18,17).
Qu. 42 : Si l'offensé n'accepte pas les excuses et ne veut
pas se réconcilier ?
R. : Il est évident que le Seigneur l'a jugé dans sa parabole du serviteur qui ne voulut pas patienter malgré les prières
de son compagnon. Les autres serviteurs rapportèrent le fait au maître et celui-ci, irrité, lui retira sa bienveillance et le livra à la torture jusqu'à ce qu'il eut payé sa dette (Mt
18,31,34).
Qu. 43 : Comment faut-il obéir au frère qui réveille pour
la prière ?
R. : Le sommeil réduit l'âme à n'avoir plus conscience d'elle-même ; celui qui le comprend et se rend compte de
l'avantage assuré à la veille, et de l'honneur extrême d'approcher Dieu pour la prière, celui-là obéira au frère chargé de le réveiller pour prier ou pour remplir toute autre prescription, comme
à un bienfaiteur dont il recevrait beaucoup et même au-delà de tout désir.
Qu. 44 : Que mérite le frère qui s'attriste et s'irrite même d'avoir été
réveillé ?
R. : Il mérite d'être séparer des autres, sans nourriture, jusqu'à ce qu'il puisse peut-être se repentir à la pensée des si grands et si nombreux avantages
dont il se prive inconsciemment et, ainsi se convertisse, heureux d'une telle faveur, avec celui qui a dit : "Je me suis souvenu du Seigneur et me suis réjoui" (Ps 76,4). S'il persiste au
contraire dans son inconscience, qu'il soit retranché comme un membre gâté et corrompu, car il est écrit : " Il vaut mieux qu'un de tes membres périsse, afin que tout le corps ne soit jeté dans
la géhenne" (Mt 5,30).
Qu. 45 : Est-on excusable lorsque, pour négliger de
s'instruire des volontés divines, on fait état de ces paroles du Seigneur : "Le serviteur qui aura connu la volonté de son maître et ne l'accomplira,, ni ne se mettra en mesure de l'accomplir,
sera roué de coups, mais celui qui, sans l'avoir connue se conduira de façon à être frappé ne le sera cependant que légèrement" (Lc 12,47-48) ?
R. : Il est clair que c'est là de l'ignorance feinte et qu'on ne peut échapper ainsi à la condamnation réservée au péché : "Si je n'étais pas venu, dit le
Seigneur, et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais ils n'ont désormais plus d'excuse à leur péché" (Jn 15,22), car les saintes Ecritures ont proclamé partout la volonté de
Dieu. On sera par la suite, dans ce cas, non pas jugé légèrement avec les ignorants, mais condamné plus durement avec ceux dont il est écrit : "...semblables à l'aspic qui se rend sourd et se
bouche les oreilles, qui n'écoute pas la voix de l'enchanteur et reste insensible aux charmes savants du magicien" (Ps 57,5-6). Toutefois, celui qui est chargé d'annoncer la parole de Dieu sera puni comme homicide s'il néglige de le faire. (Ez 33,8).
Qu. 46 : Celui qui supporte qu'autrui commette le péché,
est-il responsable du péché ?
R. : L'arrêt est ici contenu dans les paroles du Seigneur à Pilate : "Celui qui m'a livré à toi est plus coupable que toi" (Jn 19,11). Il est clair par-là que
Pilate, en supportant ceux qui avaient livré le Seigneur, est coupable aussi, bien que dans une moindre mesure. C'est ce que démontre Adam, écoutant Eve, et Eve écoutant le démon : ni l'un ni
l'autre ne furent reconnus innocents et absous. La colère de Dieu à leur égard le prouve précisément, car Adam ayant dit pour se défendre : "La femme que vous m'avez donnée m'a apporté et j'ai
mangé" (Gn 3,12), le Seigneur répondit : "Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé du fruit du seul arbre dont je t'avais défendu de manger, la terre sera maudite dans tes
œuvres... et la suite" (Gn.3,17).
Qu. 47 : Faut-il garder le silence vis-à-vis des pécheurs ?
R. : Non, c'est ce qui ressort clairement des préceptes du Seigneur qui a dit dans l'Ancien Testament : "Tu corrigeras ton frère
et tu ne pécheras pas à cause de lui" (Lv 19,17) ; et dans l'Evangile : "Si ton frère pèche contre toi, va, reprends-le entre lui et toi et, s'il t'écoute, tu auras sauvé ton frère ; s'il ne
t'écoute pas, prends avec toi un ou deux autres, afin que ta parole ait plus de valeur confirmée par deux ou trois témoins. S'il ne t'écoute pas, dis-le à l'assemblée et s'il n'écoute pas non
plus l'assemblée, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain" (Mt 18,15-17). La condamnation portée contre ce silence coupable est terrible ; qu'on en juge par cette sentence générale
énoncée par le Seigneur : "Celui qui n'obéit pas au Fils ne verra pas la vie, la colère du Seigneur pèse sur lui" (Jn 3,36), ou encore par les faits rapportés dans l'Ancien et le Nouveau
Testament. En effet, lorsque Achar déroba le lingot d'or et le manteau, la colère de Dieu s'appesantit sur le peuple tout entier, bien qu'il ignorât et la faute et son auteur, persistant jusqu'à
ce qu'on eut découvert celui-ci et qu'on lui eut fait subir avec tous ses biens cette épouvantable destruction (Jos 7,21-26). Héli, lui, n'avait pas gardé le silence devant ses enfants,
véritables fils de pestilence ; il les avait même souvent repris et leur avait dit : "Non, mes enfants, ce que j'entends dire de vous n'est pas bien" (1 S 2,24) ; il leur avait souvent montré
qu'ils avaient tort de commettre le mal et n'échapperaient pas au châtiment ; cependant, parce qu'il ne les corrigea pas complètement et ne montra pas à leur égard toute l'énergie nécessaire, il
excita tellement la colère de Dieu, que tout le peuple périt avec ses fils, que l'arche fut prise, et que lui-même finit en outre misérablement. Si une telle colère s'allume contre ceux qui
ignorent la faute et contre ceux mêmes qui l'ont réprouvée et ont protesté contre elle, que dire de ceux qui la connaissent et se taisent. Si leur conduite ne rappelle pas ce que l'Apôtre disait
aux Corinthiens : "Pourquoi n'avez-vous pas été plus attristés, de façon à exclure d'entre vous celui qui a commis cette faute ?" (1 Co 5,2) et ce que lui-même atteste d'eux ensuite : "Voilà
combien le fait d'avoir été attristés selon Dieu a suscité en vous de zèle, d'ardeur à vous justifier, d'indignation, de crainte, de désir, d'émulation, d'énergie à venger le crime. Vous avez
montré par toute votre conduite que vous étiez purs en cette affaire" (2 Co 7,11), ils risquent tous de subir avec le coupable la même mort ou une mort plus terrible encore, d'autant qu'on est
plus coupable de mépriser le Seigneur que d'enfreindre la loi de Moïse (hg 10,29), et que l'on a osé commettre à nouveau une faute déjà commise et déjà condamnée, car : "S'il a été tiré sept fois
vengeance de Caïn, il a été tiré soixante-dix fois sept fois vengeance de Lamech" (Gn 4,24) pour le même
crime.
Qu. 48 : Par quels traits définir la cupidité ?
R. : C'est lorsqu'on transgresse la limite normale, c'est-à-dire, selon l'Ancien Testament, lorsqu'on pense plus à soi
qu'au prochain, puisqu'il est écrit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lv 19,18) ; et, selon l'Evangile, lorsque l'on s'empresse de se pourvoir pour au-delà du jour présent, tel celui
qui s'est entendu dire : "Fou, cette nuit même ton âme te sera redemandée, et ce que tu as préparé, à quoi servira-t-il ?" (Lc 12,20), et on ajoute d'une manière très générale : "Il en est ainsi
de qui amasse pour lui et n'est pas riche selon Dieu" (Lc 12,21).
Qu. 49 : Qu'est-ce qu'être frivole ?
R. : Tout ce que l'on prend sur soi, non par nécessité, mais pour l'ornement, porte la marque de la
frivolité.
Qu. 50 : Quelqu'un rejette bien ce qu'il y a de trop
précieux pour se vêtir mais il exige, même en s'habillant modestement, qu'un manteau ou des chaussures soient à son goût. Pèche-t-il ou cède-t-il à un vice ?
R. : Celui qui veut se vêtir à son goût pour plaire aux hommes est évidemment atteint du mal du désir de plaire, il
s'éloigne de Dieu et cède au vice de la frivolité même dans la pauvreté.
Qu. 51 : Qu'est-ce que Racca ?
R. : C'est dans la langue du pays, une injure très modérée qu'on lance aux familiers les plus intimes.
(Mt 5,22)
Qu. 52 : L'Apôtre ayant dit : "Ne cherchons pas la vaine
gloire" (Ga 5,26) et, ailleurs, " Ne soyons pas serviteurs à l'œil comme si nous voulions plaire aux hommes" (Ep 6,6), qu'est-ce que la vanité et le respect humain ?
R. : Je pense que le vaniteux est celui qui, dans ses actes et dans ses paroles recherche de la part de ceux qui le
regardent ou l'écoutent, la simple gloire mondaine ; et au sujet du respect humain celui qui, cédant à l'influence d'autrui, commet pour lui plaire une action même
indigne.
Qu. 53 : Qu'est-ce que la souillure corporelle et la
souillure spirituelle ? Comment nous en garder purs ? Qu'est-ce que la sanctification ? Comment l'obtenir ?
R. : La souillure corporelle se contracte en se mêlant à ceux qui font le mal ; la souillure spirituelle en restant indifférent devant ceux qui le méditent ou l'accomplissent. On
l'évite en se résignant à ce que dit l'Apôtre : " Ne mangez même pas avec un tel" (1 Co 5,11) et d'autres choses semblables ; en souffrant ce que dit David : "J'ai été pris d'horreur à cause des
pécheurs qui abandonnent votre loi" (Ps 118,53), et encore en éprouvant le chagrin des Corinthiens lorsqu'ils furent repris pour avoir supporté le pécheur sans discernement et se montrèrent
cependant purs en cette affaires (2 Co 7,11). La sanctification est l'appartenance intégrale et indéfectible au Dieu saint à travers le zèle et le souci de lui plaire, car ce qui est mutilé ne
peut être mis parmi les saints dons et ce qui a été offert une fois à Dieu ne peut plus servir communément aux hommes, ce serait impie et intolérable.
Qu. 54 : Qu'est-ce que l'égoïsme et comment l'égoïste se
reconnaît-il lui-même ?
R. : Beaucoup de vérités sont énoncées sous forme peu commune, telle celle-ci : "Celui qui aime son âme la perdra et
celui qui hait son âme en ce monde la garde pour la vie éternelle" (Jn 12,25). L'égoïste est donc apparemment, celui qui s'aime. Il se reconnaît lui-même lorsqu'il agit par intérêt fut-ce en
accomplissant un commandement ; car pour ce qui est de mettre sa tranquillité au-dessus de l'intérêt matériel et spirituel d'un frère, même les autres peuvent y reconnaître le mal de l'égoïsme
qui aboutit à la perdition.
Qu. 55 : Quelle différence y a-t-il entre l'aigreur, la
fureur, la colère et l'exaspération ?
R. : La fureur et la colère diffèrent peut-être comme la disposition et l'impulsion, celui qui est en colère se trouvant seulement dans un état, comme le
montre le psalmiste par ces mots : "Éprouvez la colère, mais ne péchez point" (Ps 4,5), tandis que "la fureur, est-il dit, ressemble au serpent" (Ps 57,5) et encore : "Hérode combattait avec
fureur les Syriens et les Sidoniens" (Ac 12,20). Le mouvement extrême de la fureur s'appelle exaspération ; pour l'aigreur, elle se présente comme une très funeste installation du mal.
Qu. 56 : Le Seigneur a déclaré : "Celui qui s'élève sera
humilié" (Lc 18,44), et l'Apôtre a prescrit de "se garder de l'orgueil" (Rm 11,20), il parle ailleurs de ceux qui sont prétentieux, arrogants, aveuglés par l'orgueil (2 Tim 3,2), et dit encore :
"La charité ne se gonfle pas" (1 Co 13,4). Qu'est-ce donc qu'être orgueilleux, prétentieux, arrogant, aveuglé, gonflé ?
R. : L'orgueilleux est celui qui s'élève, se glorifie de ses bonnes œuvres, s'exalte lui-même comme ce pharisien (Lc
18,11) et ne s'abaisse pas jusqu'aux humbles. C'est également, selon le reproche fait aux Corinthiens, la définition de celui qui se gonfle (1 Co 5,2). Le prétentieux ne se conforme pas à ce qui
est établi et ne consent ni à penser ni à agir selon la règle qui lui est imposée (Ph 3,16) ; il s'oriente à son gré sur des voies de justice et de sainteté qu'il invente. L'arrogant fait étalage
de ce qu'il a et s'efforce de paraître plus qu'il n'est en réalité, et celui qui est aveuglé par l'orgueil lui ressemble ou peu s'en faut, car l'Apôtre a dit : "Il est aveuglé, ne connaît rien"
(1 Tim 6,4).
Qu. 57 : Si quelqu'un montre un défaut incorrigible et
s'offense des reproches fréquents qu'on lui fait, vaut-il mieux pour lui le congédier ?
R. : La réponse a déjà été donnée : il faut s'appliquer avec patience à convertir le pécheur comme le Seigneur nous l'a
montré. Toutefois si les reproches ou les blâmes de ses confrères ne suffisent pas, ainsi qu'il en advint pour ce Corinthien que l'on sait, il faut le regarder comme un païen, car il n'est sûr
pour personne de retenir celui que le Seigneur a condamné. Aussi bien le Seigneur a dit qu'il vaut mieux entrer dans le Royaume des Cieux privé d'une main, d'un pied ou d'une jambe, plutôt que
d'épargner un de ses membres et d'être ensuite précipité tout entier dans la géhenne, où sont les pleurs et les grincements de dents (Mt 5,29-30), et l'Apôtre assure qu'un peu de levain fait
fermenter toute la pâte (Ga. 5,9).
Qu. 58 : Celui qui ment expressément sera-t-il seul jugé,
ou bien celui qui profère par erreur une affirmation complètement fausse le sera-t-il également ?
R. : La parole du Seigneur s'applique manifestement aussi à quiconque pèche par inadvertance, car il dit : "Celui qui
mérite un châtiment sans le savoir sera puni légèrement" (Lc 12,48). Du reste un repentir convenable donne le ferme espoir du pardon.
Qu. 59 : Quelqu'un pense seulement à faire quelque chose,
mais n'agit point : sera-t-il, lui aussi, jugé comme menteur ?
R. : Si l'action qu'il a eu l'intention de faire été commandée, il sera jugé non seulement pour s'être démenti, mais
aussi pour avoir désobéi, car Dieu sonde les reins et les cœurs. (Ps 7,10).
Qu. 60 : Si, présomptueusement, quelqu'un décide de faire une chose qui
déplaît à Dieu, ne doit-il pas se désister de son mauvais dessein, plutôt que de continuer dans la faute par crainte de se démentir ?
R. : L'Apôtre a dit : "Nous ne pouvons concevoir quelque chose de nous-mêmes et comme par nous-mêmes" (2 Co 3,5) ; le Seigneur lui-même avoue : "Je ne puis
rien faire de moi-même" (Jn 5,19), et "Ce que je vous dis, je ne vous le dis pas de moi-même" (Jn 14,10) et encore : "Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais la volonté de mon Père qui
m'a envoyé" (Jn 6,38). Ce présomptueux doit donc venir à résipiscence, tout d'abord parce qu'il ose décider quoi que ce soit de lui-même alors qu'il ne faut même pas faire le bien par volonté
propre, ensuite et à plus forte raison parce qu'il n'a pas craint de prendre l'initiative d'une chose qui déplaît à Dieu. La conduite de Pierre montre clairement qu'il faut revenir sur une
décision présomptueuse qui déplaît à Dieu. Il avait, en effet, cru pouvoir dire : "Vous ne me laverez jamais les pieds", mais lorsqu'il entendit le Seigneur affirmer : "Si je ne te lave pas tu ne
seras pas avec moi", il se rétracta immédiatement et dit : "Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête" (Jn 13,8-9).
Veuillez envoyer vos intentions de prières via ce lien CONTACT ... Elles seront présentées au Seigneur par notre groupe de prière Ama Deum de Nivelles (B)
|
Soutenez nos projets
Banque de la
Poste BPOTBEB1 |
|
Vous Versez 10 Euro ? Vous nous aidez à aider ! |
Commentaires