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Association Fraternité et Communauté Catholique
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La Divine Providence N°2
Acte de Foi,
d'Espérance et de Charité
I. - On produit d'abord un acte de foi en la Providence Divine. On tâche de bien se pénétrer de cette vérité, que Dieu prend un soin continuel et très attentif, non seulement de toutes choses en général, mais encore de chacune en particulier, de nous surtout, de notre âme, de notre corps, de tout ce qui nous intéresse, que Sa Sollicitude, à laquelle rien n'échappe, s'étend à notre réputation, à nos travaux, à nos besoins de toute nature, à notre santé comme à nos maladies, à notre vie comme à notre mort et jusqu'au moindre de nos cheveux, qui ne peut tomber sans sa permission.
II. - Après l'acte de foi, on fait un acte d'espérance.
On s'excite alors à une ferme confiance que cette Providence Divine pourvoira à tout ce qui nous concerne, qu'elle nous dirigera, nous défendra avec une vigilance et une affection plus que
paternelles, et nous gouvernera de telle sorte que, quoi qu'il arrive, si nous nous soumettons à sa conduite, tout nous sera favorable et tournera à notre bien, même les choses qui y sembleraient
le plus contraires.
III. - Il faut ajouter à ces deux actes celui de charité.
On témoigne à la Divine Providence l'attachement le plus vif, l'amour le plus tendre, comme un enfant le témoigne à sa bonne mère en se réfugiant dans ses bras ; on proteste d'une estime absolue
pour tous ses desseins, quelque impénétrables qu'ils soient, sachant bien qu'ils sont les fruits d'une Sagesse infinie qui ne peut se tromper et d'une souveraine Bonté qui ne peut vouloir que la
perfection de ses créatures ; on fait en sorte que cette estime soit assez pratique pour nous disposer à parler volontiers de la Providence et même à prendre hautement sa défense contre ceux qui
se permettraient de la nier ou de la critiquer.
2) Acte de filial abandon à la Providence : Après avoir plusieurs fois renouvelé ces actes et s'en être bien pénétrée, l'âme
s'abandonne à la Divine Providence, elle se repose et s'endort doucement entre ses bras, comme un enfant entre les bras de sa mère. Elle fait siennes alors ces paroles de
David: Je dormirai et me reposerai en paix, parce que c'est Vous, Seigneur, qui avez affermi mon espérance en Votre Providence. Ou bien elle dira avec le même prophète : Le Seigneur
me régit et rien ne me fera défaut ; Il m'a placé Lui-même au milieu de ses pâturages, Il m'a conduit près d'une eau pure et fortifiante pour mon âme. Il m'a fait entrer dans
les sentiers de la justice pour la gloire de Son Nom et pour ma perfection.
Ô mon Seigneur ! Guidé par Votre Main et couvert de Votre protection, je marcherai au milieu des ombres de la mort, au milieu de mes ennemis et je ne craindrai aucun mal, parce que Vous êtes avec
moi. Vous m'avez préparé une nourriture contre ceux qui me persécutent. Votre Miséricorde m'accompagnera tous les jours de ma vie, afin que j'habite dans la maison
du Seigneur, pendant la durée des jours éternels. Pleine de l'allégresse que lui inspirent d'aussi suaves paroles, l'âme, dans cette heureuse disposition reçoit avec respect des
mains de la Providence Divine, tous les événements présents et elle attend tous ceux qui doivent survenir, avec une douce tranquillité d'esprit, avec une paix délicieuse.
Elle vit comme un enfant, à l'abri de toute inquiétude. Ce n'est pas, toutefois, qu'elle demeure dans une attente oisive des choses dont elle a besoin et qu'elle néglige de s'appliquer aux
affaires qui se présentent. Au contraire, elle fait, de son côté, tout ce qui dépend d'elle pour les mener à bien, elle y emploie toutes ses facultés mais elle ne s'adonne à de tels soins que
sous la direction de Dieu, elle ne regarde sa propre prévoyance que comme entièrement soumise à celle de Dieu et elle Lui abandonne la libre disposition de tout, n'attendant d'autre succès que
celui qui est dans les desseins de la Volonté Divine.
3) Utilité de cet exercice : Oh ! que l'âme ainsi disposée rend d'Honneur et de Gloire à Dieu ! C'est, en effet, une
très grande Gloire pour lui, que d'avoir une créature si attachée à Sa Providence, si dépendante de Sa Conduite, pleine d'une si ferme espérance et jouissant d'un si profond repos d'esprit dans
l'attente de ce qu'Il voudra bien lui envoyer. Aussi quel soin Dieu ne prend-Il pas d'une telle âme ! Il veille sur les plus petites choses qui l'intéressent :
Il inspire, aux hommes établis pour la gouverner, tout ce qui est nécessaire pour la bien conduire ; et, si par quelque motif que ce fût, ces hommes voulaient agir envers elle d'une manière qui
lui fût nuisible, Il ferait naître, par des voies secrètes et inopinées, des obstacles à leurs desseins et Il les forcerait d'adopter ce qui serait le plus avantageux à cette âme
chérie. C'est ainsi que le Seigneur garde tous ceux qui L'aiment. Si l'Écriture donne des yeux à ce Dieu de Bonté, c'est pour veiller sur eux. Si elle lui donne des
oreilles, c'est pour les écouter. Si elle lui donne des mains, c'est pour les défendre.
Et celui qui les touche le touche à la prunelle de l'oeil. Je vous porterai dans mes bras, dit le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe, Je vous presserai contre mon sein, Je vous caresserai
sur mes genoux comme une mère caresse son petit enfant, ainsi Je vous consolerai.
Dans Osée : Et J'étais comme un Père nourricier pour Ephraïm.
Je les portais entre mes bras. Moïse avait dit longtemps auparavant.
Dans le désert, le Seigneur Votre Dieu vous a portés comme un père a coutume de porter son petit enfant, par tous les chemins que vous avez suivis. Dieu dit encore dans Isaïe,
vous serez nourris de la mamelle des rois, vous recevrez une Nourriture Délicieuse et Divine et vous apprendrez, par une douce expérience, avec quelle Sollicitude Moi, le Seigneur, Je veille à
votre Salut.
Oh l'heureuse situation pour mon âme ! On trouve, dans la personne de Noé, une image sensible du bonheur que goûte celui qui s'abandonne entièrement à Dieu. Pendant que des
pluies épouvantables tombaient du ciel et au milieu du bouleversement général des éléments et de toute la nature, Noé était en repos et en paix dans l'arche avec les lions, les ours, parce que
Dieu le conduisait.
Les autres, au contraire, étaient dans la plus étrange confusion de corps et d'esprit, perdaient leurs biens, leurs femmes, leurs enfants et se perdaient eux-mêmes, engloutis impitoyablement dans
les flots.
Ainsi l'âme qui s'abandonne à la Providence, qui lui laisse le gouvernail de sa barque, vogue avec tranquillité sur l'océan de cette vie, au milieu des orages du ciel et de la terre, tandis que
ceux qui veulent se gouverner eux-mêmes et que le Sage appelle des âmes indisciplinées, fugitives et rebelles à la Providence sont dans de continuelles agitations et, n'ayant pour pilote que leur
volonté inconstante et aveugle, finissent, après avoir été longtemps le jouet des vents et des tempêtes, par un funeste naufrage.
Abandonnons-nous donc absolument à la Providence Divine.
Laissons-lui tout pouvoir de disposer de nous. Conduisons-nous comme ses véritables enfants, suivons-la avec amour comme notre mère. Confions-nous à elle dans toutes nos
nécessités, attendons sans inquiétude qu'elle y apporte les remèdes de sa charité. Enfin, laissons-la faire et elle nous pourvoira de tout, au temps, au lieu et de la manière
convenable, elle nous conduira par des voies admirables au repos de l'esprit et à la béatitude dont nous sommes appelés à jouir dès cette vie même, comme d'un avant-goût de l'éternelle félicité
qui nous est promise.
Annexe:
Exemple de conformité à la Volonté de Dieu, proposée par Saint-François de Sales : « je veux vous présenter un soleil auprès de tout
cela (les exemples qu'il vient de citer), un vrai esprit franc et libre de tout engagement, et qui ne tient qu'à la Volonté de Dieu.
J'ai pensé souvent quelle était la plus grande mortification de tous les Saints de la vie desquels j'ai eu connaissance et, après plusieurs considérations, j'ai trouvé celle-ci : Saint
Jean-Baptiste alla au désert à l'âge de cinq ans et savait que notre Sauveur, et le sien, était né tout proche de lui, c'est-à-dire une journée, ou deux ou trois, comme
cela.
Dieu sait si le cœur de Saint-Jean, touché de l'Amour de son Sauveur dès le sein de sa mère, eût désiré de jouir de sa Sainte présence. Il passe néanmoins vingt-cinq ans là au
désert sans venir une seule fois voir Notre-Seigneur et sortant, s'arrête à catéchiser, sans venir à Notre-Seigneur et attend qu'Il vienne à lui.
Après cela, L'ayant baptisé, il ne le suit pas, mais demeure à faire son office. Ô Dieu ! quelle mortification d'esprit ! Être si près de son Sauveur, et ne Le voir point !
L'avoir si proche et n'en jouir point ! Et qu'est-ce cela, sinon avoir son esprit désengagé de tout et de Dieu même, pour faire la Volonté de Dieu et Le servir
? Laisser Dieu pour Dieu et n'aimer pas Dieu pour l'aimer tant mieux et plus purement. Cet exemple étouffe mon esprit de sa grandeur ».
Quelques pensées du général de Sonis (1825-1887)
« Je mets toujours le cap de mon navire vers le Bon Dieu. Quels que soient les vents qui soufflent, qu'ils soient favorables ou contraires, je maintiens ma direction : car après tout,
c'est à ce port-là que je veux aborder ». « Je tends toujours mon dos aux coups du sort dont la main est quoi que fasse le diable, tenue en respect par la Toute-Puissante Providence ». "
Soumettons-nous à la Sainte Volonté de Dieu."
Être chrétien n'est que cela et, si je devais résumer en deux mots notre Divin symbole, je ne sache pas qu'il y en ait de plus vrais que ceux-ci : Amour et Résignation. Là est tout le
christianisme ». « On nous dit ordinairement de supporter nos peines, parce qu'une grande joie nous en récompensera dans le Ciel. Mais déjà sur cette terre, combien ces peines
deviennent légères pour le vrai chrétien, qui aime Jésus-Christ et porte sa croix avec lui ! Il n'y a vraiment que nous qui sachions ce qu'est le bonheur le monde ne le connaît
pas. Nous sommes au Calvaire et déjà nous triomphons dans le Ciel ». « Que Dieu soit mille fois béni dans la douleur comme dans la joie !" Il faut savoir porter avec
résignation sa couronne d'épines et ouvrir son cœur aux blessures qui font couler les larmes que Saint-Augustin appelle "le sang de notre cœur". Il faut aussi porter sa
croix et se traîner dans ce chemin rocailleux de la vie, à la suite de ce Divin Maître, qu'il faut suivre jusqu'au bout, sous peine de mourir de mort ».
« Qu'il fait bon de se mettre, comme l'enfant, entre les mains de Dieu, et de lui dire : Fiat ». « Plaise à Dieu que cette série d'épreuves que je considère comme une
bénédiction de Notre-Seigneur, qui veut bien me permettre de porter un petit bout de sa croix, tourne à mon profit et à ma sanctification... S'il plaît à Notre-Seigneur de ne pas me rendre la
santé, c'est sans doute que cela convient mieux, et il faut toujours le remercier de tout, de la peine comme de la joie. L'essentiel, c'est que l'âme se porte bien et c'est à quoi il faut
aviser de mieux en mieux tous les jours ». « Il en sera ce que Dieu Voudra. Lui seul sait ce qui convient, et rien n'est bon comme sa Volonté Adorable ». « Que la Sainte Volonté de
Dieu se fasse donc partout et toujours, dans la joie comme dans la peine, dans la santé comme dans la maladie. C'est là le fondement de toute vie chrétienne ».
Extrait de l'Imitation de Jésus-Christ.
Mon fils, laissez-Moi disposer de vous selon Ma Volonté.
Je sais ce qui vous convient. Pour vous, vous pensez en homme et vous jugez en beaucoup de choses, d'après les inclinations de la nature.
Le Fidèle. - Seigneur, ce que Vous dites est vrai. Vous avez infiniment plus de soin de moi que je ne puis en avoir moi-même. Celui-là est bien en danger qui ne se repose pas du tout sur
Vous. Pourvu, Seigneur, que ma volonté demeure droite et ferme en Vous, faites de moi ce qu'il Vous plaira car tout ce que Vous ferez de moi ne peut être que bon. Si Vous
voulez que je sois dans les ténèbres, soyez-en béni et si vous Voulez que je sois dans la lumière, soyez-en de nouveau béni. Si Vous daignez me consoler, soyez-en béni et si
Vous me voulez dans la tribulation, soyez-en toujours également béni.
Jésus-Christ.
Mon fils, c'est ainsi qu'il faut vous comporter, si vous désirez marcher avec Moi. Vous devez être aussi prompt à accepter la souffrance que la joie. Vous
devez vous estimer aussi heureux d'être pauvre et dans le besoin, que riche et dans l'abondance.
Le Fidèle: Seigneur, je souffrirai de grand cœur, pour l'amour de Vous, tout ce qui m'arrivera par Votre Volonté. Je veux recevoir indifféremment de Votre main le bon et le
mauvais, le doux et l'amer, la joie et la tristesse, et Vous rendre pour tout des actions de grâces. Préservez-moi seulement de tout péché et je ne craindrai ni la mort, ni
l'enfer. Pourvu que Vous ne me rejetiez pas à jamais et que Vous ne m'effaciez pas du Livre de Vie, tout ce qui peut m'arriver de tribulation ne saurait me nuire. Accordez-moi Votre
Grâce, Ô très Doux Jésus ! Qu'elle soit avec moi, qu'elle agisse avec moi, et qu'elle demeure avec moi jusqu'à la fin. Faites que toujours je désire et veuille ce qui Vous est
le plus agréable, et Vous plaît davantage. Que votre Volonté soit la mienne, et que ma volonté suive constamment la Vôtre dans une conformité parfaite. Puissé-je vouloir
et ne vouloir pas avec Vous, voulant, ou ne voulant pas, ce que Vous Voulez, ou ne Voulez pas. Donnez-moi de mourir à tout ce qui est du monde et d'aimer pour Vous à être méprisé et
inconnu dans cette vie. Faites que je me repose en Vous par-dessus tout ce qu'on peut désirer, et qu'en Vous mon cœur trouve la paix. Vous êtes la véritable Paix du cœur, son unique repos ;
hors de Vous tout fatigue et inquiète. Dans cette Paix-là, c'est-à-dire en Vous seul éternel et souverain Bien, je m'endormirai et me reposerai. Amen.
Acte de conformité à la Volonté de Dieu : que la très Juste, la très Haute et très Aimable Volonté de Dieu soit faite, louée et éternellement exaltée en toutes choses.
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