Mercredi 25 février 2009
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Le Véritable jeûne
Nous inaugurons aujourd'hui ce temps de la Quarantaine. Que chacun, autant que sa vertu le lui inspire, mate son corps et réfrène ses désirs, pour devenir selon le mot de Paul, "une
hostie vivante"(Rm12,1), une hostie à la fois immolée et vivante, l'homme ne quittant pas cette vie et se reniant pourtant dans ses désirs charnels.
Que personne n'aille croire pour autant que l'abstinence seule puisse suffire !
Dieu dit par son prophète: "Ne savez-vous pas quel est le jeûne qui me plaît ? "
Et Il ajoute :"Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, couvre delui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable.
(Is58,6-7). C'est ce jeûne qu'approuve Dieu: un jeûne qui présente à son regard des mains emplies d'aumônes, une jeûne réalisé dans l'amour du prochain, un jeûne tout pétri de
bonté. Ce dont tu te prives personnellement, donne le donc à un autre. Ainsi la pénitence corporelle que tu t'imposeras contribuera au mieux-être corporel du prochain
nécessiteux.
Cela permet de temps en temps de comprendre un autre reproche du Seigneur que transmet son prophète: "Quand vous avez jeûnez et gémi, est-ce pour l'amour de moi que vous avez multiplié vos jeûnes,
et quand vous mangiez et buviez ?" (Za 7,5-6)
C'est manger et boire pour soi que d'absorber, sans les partager avec les indigents, les aliments destinés à notre corps qui sont des dons faits par le Créateur à la communauté des
hommes. C'est encore jeûner pour soi que de se priver soi-même pour un temps, en n'attribuant pas aux pauvres le bénéfice de ses restrictions, mais en le réservant pour se l'offrir par
la suite.
"Sanctifier le jeûne, dit Joël (1,14), c'est à dire sans compter les autres biens qu'il faut y adjoindre, faites preuve d'une abstinence charnelle digne de Dieu.
Que cesse la colère ! Que s'assoupissent les querelles !
La répression de la chair est vaine si l'esprit ne se réfrène pas dans ses jouissances mauvaises. "Quand vous jeûnez, on ne trouve que votre volonté, dit le Seigneur par son prphète, votre
jeûne n'est que dispute et querelle, vous frappez le pauvre à coups de poing, vous opprimez tous vos débiteurs (Is58,3).
Celui qui réclame son dû à son débiteur ne commet aucune injustice ; mais il est normal, lorsque l'on s'astreint à faire pénitence, de s'interdire même une réclamation. Si, dans un esprit de
mortification et de pénitence, nous abandonnons ce qui nous revient en stricte justice, à son tour, Dieu nous remettra nos propres injustices.
Homélies sur l'évangile 16, 5-6
Bon Carême 2009 !
Amen.
Fr. Dominique
C.A.J.M.C.O. 2009
Publié dans : Carême et jeûne
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