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Association Fraternité et Communauté Catholique
Internationale
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NDLR à l'introduction:
Nous vous présentons une série d'articles à suivre sur le site de notre communauté sur le sujet sensible
des écrits apocryphes, sujets de nombreux débats au sein ou non de la communauté chrétienne. Rien ne doit être caché qui ne soit révélé dit Notre Seigneur. Aussi, après
cette introduction à la matière, vous pourrez lire en connaissance de cause les fameux écrits trouvés à Qumran.
Les Apocryphes du Nouveau Testament
Il n’y a rien d’étonnant ou de choquant à ce que des textes de diverses origines sur Jésus et la foi chrétienne aient circulé depuis le commencement.
Mais les Evangiles dits apocryphes se démarquent des textes apostoliques sur plusieurs points :
Un certain nombre de lettres et d’Evangile pseudépigraphiques (empruntant le nom de quelqu’un d’autre) circulaient dans les églises en même temps que les écrits des apôtres. Mais la plupart des Evangiles apocryphes étaient en copte et avait cours en Egypte parmi des groupes gnostiques. Au IIe s., les églises commencèrent à écarter ce qu’elles n’acceptaient pas comme vraiment apostolique. C’est justement à cette époque que les gnostiques fleurirent parmi les chrétiens et obligèrent les églises à se positionner sur certains points de doctrine ainsi que sur le canon des Ecritures.
Le terme apocryphe signifie secret en grec (apokruphos). Il est employé principalement par les gnostiques qui basaient leurs croyances et leurs pratiques sur l’occulte, l’ésotérique, les mystères. Pour eux, la connaissance salvatrice passait par des secrets révélés par des éons, des esprits angéliques, voire des dieux. On trouve au IIe s. par exemple Le Livre Secret de Jean qui explique la mythologie gnostique sous la forme d’une révélation de Jésus ressuscité à l’apôtre Jean. Les évangiles apocryphes sont des textes qui copient et modifient les Evangiles apostoliques, comme l’Evangile selon Marcion (un croyant semi-gnostique du IIe siècle) par ex., qui modifie l’Evangile selon Luc. Les évangiles apocryphes ressemblent aussi aux Targums juifs (développement libre du texte biblique) quand ils proviennent de groupes nazaréens comme les Ebionites. Les Actes apocryphes, loin d’atteindre le degré de précision historique du livre de Luc, étaient des récits épiques et romancés destinés à enthousiasmer le lecteur populaire. Nombreux textes dans les 7 premiers siècles au sujet de Jésus. Il existait notamment un recueil de paroles de Jésus appelé Jesu logia (rapporté par Eusèbe de Césarée dans son Histoire Ecclésiastique, III, 39,16 et citant Papias). Parce que différents groupes philosophiques et religieux se réclamant de Jésus. Les apocryphes du Nouveau Testament imitent le style du Nouveau Testament et se regroupent sous 4 formes : les Evangiles, les Actes, les Epitres et les Apocalypses.
22 Evangiles apocryphes du IIe (12 en latin et 10 en grec)
Trois thèmes prédominent : 1) histoire de Marie et Joseph 2) enfance de Jésus 3) histoire de Pilate. Les plus connus sont l’Evangile selon Jacques, l’Evangile selon Nicodème (ou Les Actes de Pilate), l’Evangile selon Pierre, et plusieurs Apocalypses. 37 manuscrits et 5 fragments en langue copte (tirés probablement d’originaux grecs) ont été découverts en 1946 à Nag Hammadi (près de Louxor, Egypte). Aucun n’est daté avant le IIe siècle. Il n’y a que le Jesus Seminar pour dater l’Evangile de Thomas des années 50 de notre ère, soit avant les Evangiles canoniques. Cela me paraît impossible à cause des faits suivants : Le fragment le plus ancien de l’Evangile de Thomas, le Papyrus Oxyrhynchos 1, date de 200 environ. La mention la plus ancienne de cet écrit vient d’Hippolyte qui en parle au IIIe s (entre 222 et 235) - L’Evangile de Thomas contient des phrases tirées des autres évangiles.
La plupart de ces textes proviennent de groupes gnostiques égyptiens. Les éléments gnostiques (dualisme et docétisme) s’y retrouvent souvent.
Par exemple, dans l’Evangile de Pierre (dont Bouriant a découvert un fragment en 1886 à Akhmîn en Egypte), Jésus semble ne pas souffrir (IV, 10) et il ne meurt pas mais est enlevé (V, 19). Cela correspond au docétisme gnostique qui enseignait que Jésus n’était pas vraiment humain et n’avait qu’une apparence humaine (docétisme vient du grec dokeo = imaginer).
L’Evangile selon Thomas commence ainsi : « Voici les paroles secrètes que Jésus le vivant a dites et qu’a écrites Didyme Jude Thomas. Logia 1 : Et celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera point la mort. » Cette idée de secret réservé à une élite est tout à fait gnostique et s’oppose aux livres du Nouveau Testament qui affirment que les mystères de Dieu ont été révélés et ne sont plus secrets (ex. : Epitre de Paul aux Romains 16/25-26).
Eusèbe de Césarée parle dans son Histoire Ecclésiastique de Papias, évêque de Hiérapolis au IIe siècle qui aurait compilé des paroles de Jésus (Exposition des Oracles de Jésus) auprès des témoins oculaires. Son texte a malheureusement été perdu et ne doit pas être confondu avec l’Evangile de Thomas. F.F. Bruce considère, au vu des extraits cités par des auteurs grecs, que ces oracles de Jésus rapportés par Papias n’apportent rien de plus au Nouveau Testament. L’Evangile de Thomas, qui contient 114 paroles attribuées à Jésus, contredit à plusieurs reprises les autres textes du Nouveau Testament.
Dès le IIe siècle circulait une abondante littérature dans les églises qui citait les livres du Nouveau Testament. C’est Tertullien qui, vers 200 après J.C., forgea l’expression « Nouveau Testament » (littéralement Nouvelle Alliance – comp. Hébreux 12:24).
Une majorité d’historiens et de papyrologues confirment que tous les livres du Nouveau Testament étaient écrits à la fin du 1er siècle et largement copiés et répandus au cours du IIe siècle. Sur quels critères a-t-on choisi les livres du Nouveau Testament ? Pour être intégré à la collection des livres du Nouveau Testament, un écrit devait 1°) provenir des apôtres 2°) ne pas contredire leur enseignement et celui de Jésus. 3°) confirmer les écrits de l’Ancien Testament. Qui décidait d’inclure tel ou tel livre ?
Personne en particulier. Les lettres des apôtres et les quatre Évangiles étaient lus et commentés dans toutes les églises, en plus de l’Ancien Testament. Dans certaines églises, on y lisait aussi l’Épître de Clément de Rome ou celle de Barnabas. Les grands écrivains chrétiens citaient abondamment le Nouveau Testament pour défendre leur foi. C’est seulement en 393 à Hippo et en 397 à Carthage que des Conciles conduits par Augustin ratifièrent le choix faits par les églises depuis près de deux cents ans en fixant officiellement la liste des livres du Nouveau Testament. Il est intéressant de noter que les églises d’Orient, indépendantes de celles d’Afrique du Nord où se réunirent les conciles, possédaient le même canon, à une exception près, le livre de l’Apocalypse de Jean, controversé par des hérétiques. À la fin du IIIè siècle, en effet, il y eût quelques doutes émis sur l’inspiration de l’Apocalypse de Jean. En fait, les partisans d’une nouvelle doctrine sur la fin des temps voulaient écarter l’Apocalypse du Canon pour laisser libre cours à leur enseignement erroné. Mais ils ne purent y réussir parce que l’Apocalypse est le livre le plus confirmé et attesté par l’Église primitive.
Certains affirment que les grottes de Qumran contenaient des Evangiles cachés. Ceci est totalement faux. Le jésuite José O’Callaghan a prétendu avoir découvert un fragment de l’Evangile selon Marc dans la grotte 7, mais cela n’a rien à voir avec un Evangile perdu. Il n’y a que 2 sortes d’Evangiles : les Evangiles écrits par les disciples de Jésus, Matthieu, Marc, Luc et Jean, et les Evangiles écrits plus tard par des faussaires.
Les apocryphes du Nouveau Testament diffèrent et ressemblent à la fois aux écrits du Nouveau Testament : Ils diffèrent quant à la hauteur de vue : ils n’atteignent jamais l’inspiration des textes sacrés. Ils diffèrent quant à l’étendue des informations : ils ne décrivent pas les actions de Jésus comme le font les Evangiles, ils ne contiennent pas d’instructions doctrinales pour les fidèles comme le font les Epitres. Ils ressemblent quant à certaines paroles de Jésus : un certain nombre semblent directement prises sur les 4 Evangiles écrits un siècle avant au moins. Ils ressemblent en tant que copies humaines : Evangiles, Actes, Apocalypses, noms d’apôtres, style littéraire oriental… Les apocryphes du Nouveau Testament n’ajoutent ni ne retranchent rien aux croyances cardinales du Christianisme. Ils ne trahissent pas de doctrine secrète cachée jusque-là. Ils n’enlèvent rien à la personne centrale de Jésus le Messie. Ils n’enlèvent rien à l’œuvre de Christ, sa naissance, sa mort et sa résurrection. Ils citent les 4 Evangiles (sans les nommer) et y ajoutent des paroles de Jésus ou des récits légendaires.
Le Protévangile de Jacques, qui raconte l’enfance de Marie, et le Transitus Mariae, qui raconte l’assomption de Marie, contribuent il est vrai à faire de la mère de Jésus une personne plus importante que dans le Nouveau Testament où elle est peu présente. Cette vénération de Marie est historiquement une déviation absente chez les premiers chrétiens.
La rumeur du complot mis en place par les chefs de l’ Eglise pour cacher aux croyants certaines vérités ne tient pas devant un examen historique sérieux. Les apocryphes sont intéressants pour la curiosité, mais n’apportent rien de nouveau, rien de spirituel et rien de fiable, comparés aux écrits denses et profonds du Nouveau Testament.
De plus, étant des mensonges pieux (ils sont faussement attribués à des apôtres ou des témoins oculaires de la vie de Jésus alors
qu’ils datent au minimum du IIe siècle), ils ne sont pas dignes d’entrer dans le canon du Nouveau Testament.
Nos remerciements à Info Bible que nous avons choisi pour vous présenter cet article.
Last update: 24-10-2011
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