Mercredi 15 avril 2009
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Paul de Tarse - Un autoportrait
par la Cardinal Godfried Danneels.
Suite partie 1
Un autoportrait (Rm1, 1-7)
Au début de la lettre aux Romains, Paul esquisse son autoportrait. Il se propose d'aller à Rome pour y visiter la communauté chrétienne. Comme ce n'est pas lui qui l'a
fondée, il convient qu'il se présente. Il lui envoie donc d'abord une lettre. Cette communauté n'est pas la première église venue, une parmis bien d'autres. Rome
est la capitale de l'empire et aussi la ville de Pierre. Voilà pourquoi Paul envoie aux romains cet autoportrait, sa carte d'identité en quelque sorte.
"De Paul serviteur du Christ, appelé comme apôtre et choisi pour annoncé l'église de Dieu... Cette église concerne son Fils, issu de la lignée de David selon la Chair, et établi Fils de Dieu et
investi de Puissance par l'Esprit Saint. Lorsqu'il, Jésus Christ, notre Seigneur, ressuscita des morts, il m'a donné la grâce d'être apôtre afin que par Lui, je proclame
obéissance et foi à toutes les nations, et à vous également, qui êtes appelés par Jésus-Christ" (Rm 1 à 6)
Voilà donc un résumé succinct de ce que Paul a à dire sur lui-même. Il a d'abord et avant tout changé son nom. Il signe maintenant "Paul" et non plus
"Saul". Il est devenu un autre homme. Il se nomme lui-même "serviteur de Jésus-Christ". Il se dit littéralement " esclave". Un serviteur est au
service de quelqu'un, tandis que l'esclave est totalement la propriété de son maître. Paul se nomme en outre "apôtre" (envoyé) et par Dieu encore bien. Que de fois n'avais
t'on pas dit de Paul, en effet, qu'il n'est qu'un apôtre de second rang. De fait, qu'il n'avait pas connu Jésus de son vivant (selon la chair) et il ne fut pas non plus appelé et envoyé
par Jésus de manière audible comme les autres douze. Pourtant Paul affirme avec énergie: ma mission vient de Dieu.
Paul dit avec force, qu'il est un vrai apôtre appelé par Jésus-Christ. C'est-à-dire par Dieu. Il ne s'est pas promu lui-même apôtre. Il fut appelé par un autre,
et non par sa propre impulsion. Plus loin, il se désigne comme "destiné à la prédication, à l'évangélisation". Ne dit-il pas avec insistance aux Corinthiens, qu'il est venu
en premier lieu pour prêcher et non pas pour accomplir quelqu'autre tâche précieuse : "Je ne suis pas envoyé par le Christ pour baptiser mais bien pour proclamer l'Evangile" (1, Co 1,
17). Paul ne sous-estime certes pas les sacrements mais sa vocation est de prêcher. Ce disant, il ne s'adresse toutefois pas en premier lieu à ses
co-religionnaires, les juifs, mais bien à toutes les "nations". Et que prêche t'il ! La Foi en Jésus-Christ : " Qui, entend qu'homme, est bien issu de la lignée de
David, mais est établi Fils de Dieu et investi de Puissance par l'Esprit Saint (Rm, 3-4).
S'il est apôtre, cela lui a été purement "donné par grâce" (Rm 1-5).
D'abord à la Synagogue
En tant que juif fidèle, Paul était toutefois convaincu qu'il fallait annoncer le Jésus qu'il avait rencontré d'abord et avant tout à ses coreligionnaires Juifs. Après son baptême à
Damas, il commence immédiatement à prêcher. Il se rend d'emblée à la synagogue, pour y proclamer que Jésus est le Fils de Dieu. "Tout ceux qui l'entendaient étaient
abasourdis et disaient : " ' N'est-ce pas celui qui en voulait à la vie des disciples de Jésus ?' mais rapidement les juifs tramèrent un plan pour l'assassiner ... Il faisait même garder les portes
de la ville jour et nuit afin de pouvoir le tuer. Mais les disciples de Paul l'emmenèrent de nuit jusqu'aux murailles de la ville et le firent descendre dans une corbeille" (Ac 9,
21.23-25).
Paul va ensuite à Jérusalem avec Barnabé, qui le présente aux apôtres. Mais à nouveau les Juifs cherchent rapidement à l'éliminer. Les frères le mettent en sécurité : ils
l'envoient à Tarse, sa ville natale. PLus tard, Barnabé va l'y retrouver et le ramène.
Peu de temps après, Paul et Barnabé entreprennent un voyage missionnaire. C'est ainsi qu'ils arrivent à Antioche de Pisidie. Dès leur arrivée dans cette ville, ils vont
d'abord, comme d'habitude, à la Synagogue et parlent derechef de Jésus. Cela se passe si bien que "lorsqu'ils quittèrent la synagogue, on les invita à parler du même sujet, le Sabbat
suivant" (Ac 13, 42). Et " le Sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour entendre la Parole du Seigneur" (Ac 13, 44). Arrive alors ce qui se répétera
encore des dizaines de fois tout au long de la vie de Paul. "à la vue de cette foule, les Juifs furent remplis de jalousie et commencèrent à mettre les paroles de Paul en
doute. Mais Paul et Barnabé affirmèrent avec force : ' C'est à vous d'abord qu'il fallait transmettre le message de Dieu... mais maintenant nous allons nous tourner vers les Païens' "
(Ac 13, 45-46). Les païens, eux, écoutaient et embrassaient la foi : "les païens qui entendirent ceci, parlaient plein d'éloges de la Paroles du Seigneur..." Les Juifs, entre-temps,
montèrent la tête aux dames pieuses de la haute société ainsi qu'aux notables de la ville et réussirent à les retourner contre Paul et Barnabé, de sorte qu'"ils furent expulsés du
territoire. Mais ils secouèrent la poussière de leurs pieds... et partirent pour Iconium (Ac 13,48-51). Jésus avait d'ailleurs dit d'agir ainsi (cf Lc 9,5).
Ce dut être une réèlle épreuve pour Paul de constater que, partout où il se rendait, s'était toujours ses propres coreligionnaires qui le poursuivaient et le chassaient. Du fond de sa
tristesse, il écrira plus tard : " J'espère du fond du coeur et je prie Dieu qu'ils soient sauvés" (Rm 10, 1).
Tournons nous alors vers la païens ?
Mais les païens sont tout ouïe ! Paul accroche son auditoire presque partout. à une seule exception près: Athènes. (Ac 17,16-34). Les athéniens étaient
intellectuellement très formés, exigeants et curieux. La philosophie et la sagesse les intérressaient au plus haut point. Raison pour laquelle Paul choisit à son arrivée une
tribune publique. "L'aéropage" et y développe un long préambule avant de mentionner le Christ. Il essaie d'abord d'amadouer ses auditeurs: "athéniens, j'ai vu combien, à tous
égards, vous êtes extraordinairement religieux. Car lorsque je me promenais en ville et y contemplais tous ce que vous honorez, j'ai découvert un autel avec l'inscription suivante: "Au
Dieu inconnu". Et bien, ce que vous adorez sans le connaître, je viens moi, vous l'annoncer". (Ac 17, 22-23). Et en commencant par la création, il leur annonce l'entière et
longue histoire du salut pour en arriver à la mort et la résurrection de Jésus. Mais tout va coincer lorsqu'il est question de résurrection des morts: "certain se moquaient, d'autres
disaient: "nous t'endendrons là-dessus une autre fois" - (Ac 17,32). Et jamais ils ne revinrent l'entendre !
Un loong préambule n'est donc pas toujours une garantie de succès. La foi représente enfin de compte bien d'avantage que la conclusion d'une argumentation raide. Celui qui "
pré-évangélise" trop longtemps, ne convertit souvent personne. La pré-catéchèse c'est bien mais il faut tout de même, à un moment, dire l'essentiel et oser le saut dans la
Foi. Ce dernier pas décisif reste toujours un pas dans l'inconnu. L'accès à la Foi, n'est jamais un paisible prolongement: Il conserve quelque chose d'abrupt et de très
tranchant.
à suivre en part 3
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
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