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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /Avr /2009 15:43
Suite part 2 ...

Paul de Tarse - Un autoportrait
par le Cardinal Godfried Danneels


"Qu'est ce qui peut nous séparer de l'amour du Christ ? " (Rm 8,35)

Qui parmis les prédicateurs - d'hier et d'aujourd'hui - a autant aimé le Seigneur que Paul ?  Le Christ est tout pour lui.   Il n'y a pas moyen de définir Paul sans que le Christ n'y surgisse.   Sans le Christ, le nom de Paul est incomplet et mutilé.   Ce n'est plus lui, c'est un autre.   Tout peut arriver à Paul mais rien ne peut le séparer du Christ.   Ainsi, il écrit dans la lettre aux romains: " Qu'est ce qui peut nous séparer de l'amour du Christ ?   L'adversité, la misère ou la persécution, la pauvreté ou la faim, le danger du glaive ? ... Oui, je suis convaincu que ni mort ni vie, ni anges, ni principautés, ni forces, ni présent, ni avenir, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus, Notre Seigneur" (Rm 8, 35s.).


Fou à cause du Christ (1Co 4,10)

Cet amour pour son Seigneur l'a totalement possédé.   Il le pousse jusqu'au non sens.   Il est étiqueté "idiot et naïf".   Il le dit d'ailleurs de lui-même.   Lorsque Paul est amené devant le gouverneur Festus et qu'il se défend, ce dernier l'interrompt et lui dit: " tu es fou, Paul, ton grand savoir te fait perdre la tête" (Ac 26,24).   Mais Paul ne se préoccupe pas de ce que les gens disent de lui.   "La façon dont vous me juger ou ce que pense de moi une institution humaine ne m'intéresse pas, et comment je me juge moi-même, non plus... C'est le Seigneur qui me juge" (1Co 4,3-4).   Les chrétiens qui témoignent sans complexe de leur foi ont toujours semblé naïfs et inadaptés aux yeux des gens, maintenant encore.

Paul en devant même un peu sarcastique: oui, il est bien le mouton noir, tandis que les corinthiens, eux, sont "intelligents, sages, raisonnables et la tête haute avec ça !  Mais Paul ? "Nous sommes fous, nous, à cause du Christ, tandis que vous êtes si prudent grâce au Christ ; Nous sommes faibles tandis que vous êtes si fort ; Vous êtes très en vue tandis que nous sommes méprisés... jusqu'à maintenant nous sommes l'ordure et le rebut de l'humanité" (1Co4, 10-13b).

Qui se donne totalement au Christ est bel et bien considéré comme "ordure et rebut".   Par contre, celui qui fait cela avec mesure et calcul sera considéré "intelligent".   Mais celui qui aime, exagère toujours.  

Mon salaire pour l'Evangile ?  Pouvoir l'annoncer !

Paul se livre entièrement à l'annonce du Christ.   Pour ce faire, il se libère totalement.   Tout le reste passe après.   Il ne veut donc pas être indemnisé ou rémunéré pour cela.   Les apôtres et les prédicateurs de l'époque étaient normalement indemnisé pour leur travail.   La communauté chrétienne assurait leur subsitance.   C'est normal.   Et Paul approuve, bien volontiers : "N'avons-nous pas le droit de manger et de boire ?   N'avons-nous pas le droit d'emmener avec nous en voyage une épouse croyante comme les autres apôtres, les frères du Seigneur et Céphas ?   Où bien, devrions-nous, Barnabé et moi, subvenir nous-même à notre subsistance?... Qui plante une vigne sans jouir de son fruit ?   Qui fait paître un troupeau et n'en boit pas le lait ?   Si nous avons semé en vous des biens spirituels, est-ce trop demandé que nous récoltions de vos bien temporels ?" (1Co 9,4-11).   Non, Paul ne conteste pas le droit pour un apôtre d'être payé pour pouvoir subvenir à ses besoins ou pour emmener son épouse dans le travail à la vigne du Seigneur.   Mais lui-même, non, il n'y recourt pas.   "Cependant, nous n'avons pas usé de nos droits" (1 Co 9, 12).   Pourquoi, Paul ne considère pas sa prédication comme un travail mais bien comme une grâce.   Son salaire de prédicateur est tout simplement de pouvoir prêcher.   Prêcher n'est pas un job ou une profession mais un privilège et une grâce.   Il a tout reçu, sans même le chercher.  

"Que je prêche n'est pas pour moi un titre de gloire ; je ne puis faire autrement.   Et malheur à moi si je ne le faisais pas.   Si je faisais cela de ma propre initiative, j'aurais droit à une rémunération.   Mais je ne le fais pas ainsi ; cette mission m'est confiée.   Quel est alors mon salaire ?   Et bien, que je prêche l'évangile sans rien demander en contre partie et donc sans faire usage des droits que la prédication me donne" (1 Co 9, 16-18).

Les prédicateurs peuvent être payé par la communauté mais Paul ne désire pas cela pour lui-même : son salaire se résume à pouvoir faire ce travail.   Il a effectivement toujours travaillé de ses propres mains pour subvenir à ses besoins personnels.   Il fabriquait des tentes.   L'apôtre authentique - même s'il est payé pour subvenir à ses besoins - preste donc toujours plus qu'il ne le faut.   Il exagère.   Ses faits et gestes sont marqués par la gratuité.   Certain renoncent dès lors aussi "à amener une épouse croyante" (1 Co 9, 5).   Bref, la vraie église du Christ n'existe pas sans volontariat et bénévolat.   Certains sont même entièrement bénévoles.   N'est-ce pas le sceau de l'église et de tout qui travaille pour elle ?

"J'ai pu éprouver la Miséricorde" (1 Tm 1,13-16).

Pouvoir prêcher, c'est ce qui rend heureux plus que toute rémunération.   Car tout ce qu'il est et fait, il l'a reçu gratuitement.   Plus encore : il a reçu de Dieu par pure Miséricorde.   

"Je rends grâce au Christ Jésus, Notre Seigneur, qui m'a donné la force et m'a fait confiance pour le servir, bien que je l'ai naguère raillé, persécuté et insulté.   Il a quand même prit pitié de moi, parce que de par mon incroyance je ne savais pas ce que je faisais.   Notre Seigneur m'a donné sa Grâce en surabondance ainsi que ma foi et l'amour que nous possédons en Jésus... Le Christ jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs.   j'en étais le premier.   Et c'est justement de moi que le Christ Jésus a eu pitié : je fus le premier à qui il montra sa grande patience, de sorte que je devins un exemple pour tous ceux qui croient en Lui et qui recevront la vie éternelle" (1 Tm 1, 12-16).

La vocation de Paul n'est donc pas seulement le fait d'un appel gratuit de Dieu.   Elle est plus encore : elle est le fruit de la miséricorde.   En rien, il n'a mérité sa vocation.   N'avait-il pas en effet, persécuté, raillé et injurié le Christ ?   Ce n'est pas pour ses mérites, ses capacités ou son zèle que Paul est devenu apôtre.   Oui " avait dit Dieu, Qui ou quoi que tu sois, Oui, c'est précisément pour ceci que Je t'ai appelé : parce que tu n'es rien."

Paul est profondément conscient  de l'infinie patience de Dieu à son égard :  "je suis le premier à qui Il a manifesté sa grande patience" (1 Tm 1,16).   Et cela nous sert d'exemple dit encore Paul.   Dieu traite avec une patience similaire chacun d'entre nous et d'innombrables autres.

à suivre en part 4
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG 

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