Mardi 21 avril 2009
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17:00
Le Christ
cosmique
Paul n'a jamais connu Jésus de son vivant. Il ne l'a jamais entendu parler et ne connaissait pas le timbre de sa voix. Jamais il ne l'a vu
faire un miracle. Il ne l'a jamais vu dans son corps mortel. Pas plus qu'il n'a été appelé par Lui comme Il le fit avec les douze. Paul connaît seulement Jésus
comme le Seigneur ressuscité, tel qu'il l'a rencontré à Damas. Paul n'a pourtant jamais douté de la réalité de sa vocation, alors que d'autres le taxaient précisément à cause de cela
d'apôtre de deuxième rang. Il répète régulièrement qu'"il est apôtre par vocation divine" (Rm 1, 1).
Même s'il ne l'a pas encore vu de ses propres yeux ni côtoyé, Paul connaît le Christ comme nul autre. Et ce Christ-là est beaucoup plus que le Jésus historique de Nazareth.
Il le voit bien plus grand, plus large, plus profond : Paul connaît le Christ total. Son origine se situe avant le temps et donc bien avant le moment de son incarnation.
Dans le grand hymne à la gloire du Christ dans sa lettre aux Philippiens, il voit le Christ comme Dieu, élevé au-dessus de tout, près de Dieu. "Lui qui est de condition dicine ne
revendiqua pas son égalité avec Dieu ; au contraire, Il y renonça" (Ph 2, 6). Et Paul regarde aussi beaucoup plus loin que la fin de sa vie mortelle : le Christ est à nouveau monté chez
le Père et siège sur le Trône. " C'est pourquoi Dieu l'a exalté et Lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom" (Ph 2, 9). Le regard de Paul est large : Il voit le
Christ dans toute sa plénitude.
Paul voit plus loin encore. Le Fils de Dieu est non seulement venu sur terre et s'est fait homme, Il reviendra aussi au Dernier Jour. Tout Lui sera soumis.
"Ensuite, le Fils se soumettra Lui-même à Celui qui Lui a tout soumis afin que Dieu règne sur tout et tous" (1 Co 15, 28). Le Christ est le Christ cosmique, bien plus que le Jésus
terrestre qui parcourut la Palestine. Paul le dit ave solennité et lyrisme : "Le Christ, image de Dieu, est l'Invisible, le premier né de toute la Création : en Lui, tout est créé, tuut
dans le Ciel et tout sur la Terre, le visible et l'invisible, les rois et les gouvernants, les puissances et les forces, tout est créé par Lui et pour Lui. Il existe avant tout, et tout
existe en Lui... Il est origine, premier né d'entre les morts, pour être en tout le premier. En Lui, toute la plénitude a voulu habiter". ( Col 1, 15-19 ; Ep 1, 22 s).
Que de fois notre représentation de Jésus n'est elle pas limitéeà l'homme Jésus - entre Bethléem et la Croix - c'est-à-dire le Christ tel qu'Il apparaît dans les Evangiles. Mais Paul
nous dit combien ce Jésus est bien plus que ce que les évangélistes nous ont raconté.
L'Église dans toute sa gloire
La même chose vaut aussi pour l'image de l'Eglise que Paul porte en lui et décrit. Bien sûr, il sait trop bien combien l'Eglise est vulnérable et
imparfaite. Ses lettres sont pleines d'exhortations, de mises en garde, de conseils et de critiques à l'adresse des communautés chrétiennes. Ses Eglises sont tellement
vulnérables, elles connaissent tant de problèmes et de besoin, elles sont tellement tièdes et pécheresses.
Mais ici aussi, Paul voit plus loin. Avec le regard de la foi. L'Eglise est plus : elle est le corps mystique du Christ. Souvent dans les lettres dites de
captivité, Paul regarde au-delà de la surface des choses. Il ne s'agit plus alors de petites communautés à Corinthe, Thessalonique ou Philippe. L'Eglise est le grand corps
dont le Christ est la Tête. Il le maintient ensemble et le nourrit. " À partir de la tête, le corps reçoit cohésion et est soutenu et maintenu ensemble par tous les ligaments" (Ep
', 16)
De même qu'on ne trouvera probablement personne pour haïr son propre corps - on l'aime et on le choie plutôt - , de même Jésus avec l'Eglise. "Personne ne hait sa propre chair, au
contraire on la nourrit et on en prend bien soin comme Jésus le fait avec l'Eglise, car l'Eglise est son corps et nous sommes ses membres" (Ep 5, 29s). "Tout comme le Christ a aimé
l'Eglise et s'est livré pour elle afin de la sanctifier avec l'eau et les paroles, et afin de la prendre auprès de Lui dans toute sa splendeur pour qu'elle soit sans tâche, ni ride, ni aucun
défaut, sainte et irréprochable" (Ep 5, 25s).
C'est ainsi que ¨Paul voit l'Eglise : grandiose. Elle est tellement plus qu'une institution humaine. Il est dès lors prêt à souffrir beaucoup pour elle. " Je suis heureux de
souffir pour vous (Colossiens) et que je puisse compléter en ma chair ce qui manque encore aux épreuves du Christ pour son Corps, l'Eglise, dont je suis le serviteur". ( Col 1, 24).
La folie de la Croix (1 Co 1, 17-25)
Paul avait fondé la communauté de Corinthe. À peine était-il parti pour aller évangéliser ailleurs que d'autres prédicateurs arrivent à Corinthe. L'un deux, Appolos,
brillant prédicateur, sut dès le début charmer les exigeants Corinthiens. C'était un prédicateur raffiné, venant d'Alexandrie ; un produit de la culture grecque, très éloquent et
intelligent. Les Corinthiens furent conquis du premier coup. Comparé à lui, Paul ,'était qu'un minable prédicateur. De plus, il en vint d'autres qui semèrent le
doute à propos de son statut d'apôtre. Il n'avait pas été appelé par Jésus, comme les douze !
Paul va se défendre. Ses lettres lui donnent l'occasion d'expliquer comment la prédication de Jésus n'est pas basée sur l'éclat humain de l'art oratoire. et il reconnaît
d'emblée qu'il ne fait un brillant orateur. "Lorsque je suis venu chez vous, frères et soeurs, pour vous annoncer les mystère de Dieu, moi non plus je ne disposais pas d'une
éloquence ou d'une sagesse exceptionnelle. J'avais décidé de ne vous transmettre aucune autre connaissance que celle concernant Jésus Christ, le crucifié. De plus, je me
présentais à vous dans toute ma faiblesse, j'étais craintif et tremblant" (1 Co 2, 1-3).
La prédication du Christ n'a pas beosin du talent oratoire. Elle est autre chose que de la réthorique brillante. Ceux qui prêchent ainsi pourraient donner le change en
attribuant les fruits de leur prédication à leur talent ou leurs mérites oratoires. Il n'en va pas ainsi dans la prédication de l'Evangile. "Le message que je prêchais ne
convainquait pas par la sagesse mais démontrait la force de l'Esprit, car notre foi ne doit pas reposer sur la sagesse humaine, mais bien sur la force de Dieu ( 1 Co 2, 4-5).
Paul va plus loin encore. Bien-sûr, dit-il, l'intelligence, l'art oratoire, la science et la sagesse humaine sont de bonnes choses. Dieu ne les a-t'il pas créées et offertes
? Mais qu'en avons-nous fait ? Nous en avons abusé et nous nous sommes servis pour notre propre gloire et prestige. Ce quid evait être une voie vers Dieu a été
réduit à un sentier ratiocinant menant à l'orgueuil.
Voilà pourquoi Dieu choisit une autre voie : celle de la folie de la croix, "car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, J'annihilerai l'intelligence des intelligents. Où
est-il le sage, le docteur de la loi, l'orateur de ce monde ? Dieu n'a-il-pas pas transformé la sagesse de ce monde en folie? En effet, puisque le monde, par le moyen de la
sagesse, n'a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui le croient. Les Juifs demandent des signes, les grecs la
sagesse, mais nous, nous prêchons un Christ crucifié : scandale pour les juifs et folie pour les païens... Car la folie de Dieu est sagesse pour les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte
que les hommes" (1 Co 1, 19-25).
Aujourd'hui encore, nous ne voyons pas assez que notre prédication d'un Sauveur crucifié ne comporte rien de captivant pour les gens, hormis les croyants. En tout cas rien qui
pourraient les amener à croire. La croix reste quelque chose de repousssant. Pourquoi Dieu a-t-il fait précisément de la croix le fondement de notre foi ?
Pourtant, nous avons cru ; beaucoup d'autres aussi. cela montre clairement que cette foi ne repose ni sur un art oratoire ou une force de la persuasion, ni sur la science ou la sagesse
humaine, ni sur d'imparables arguments.
L'assise de la foi est une force bien supérieure : la force du Saint-Esprit. L'insuffisance même de l'orateur ne nuit pas nécessairement à la force de sa prédication.
Paul y revient dans sa deuxième lettre aux Corinthiens lorsqu'il parle de "l'épine" dans la chair" (2 Co 12, 7) qui gêne dans le travail d'évangélisation.
à suivre en part 6
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
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