Vendredi 24 avril 2009
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Eucharistie et résurrection
Deux témoignages de première main
Deux témoignages pauliniens nous permettrent de remonter à la toute première tradition chrétienne : l'eucharistie et la résurrection. Ce sont deux précieux
composants de la tradition la plus ancienne, très proche des événements eux-mêmes.
La
résurrection
Le témoignage donné par Paul sur la résurrection du Christ est la pièce la plus précieuse de notre tradition de foi. Il en prit déjà connaissance aux tout
premiers jours qui suivirent sa vocation sur le chemin de Damas. Paul est souvent original et très personnel dans sa formulation d'une donnée de la foi. Le plus souvent il y
imprime son propre cachet théologique. tel n'est pas le cas pour la résurrection. Il se laisse conduire ici par un texte qu'on lui a littéralement transmis quand la
résurrection du Christ lui fut annoncée pour la première fois. "La chose principale que je vous ai transmise, je l'ai reçue à mon tour" (1 Co 15, 3). Les mots ici
n'appartiennent pas au vocabulaire de Paul : Il a bien conservé le texte comme il l'a lui-même entendu. Celui-ci est trop précieux pour le reformuler avec des mots à lui. La
foi en la résurrection du Christ était déjà transmise depuis longtemps par une formule consacrée, que l'on transmettait à d'autres avec respect et fidélité.
Il s'agit d'un fait. La résurrection du Christ n'est pas une idée, ni une opinion philosophique ou une belle histoire : c'est un fait. Elle s'appuie sur des faits
vérifiables. Le Christ est mort pour nos péchés - comme il est écrit dans l'Ecriture. Il est enterré et ressuscité le troisième jour - comme il est écrit dans l'Ecriture -
. Et il est apparu à plus de cnq cents frères et soeurs rassemblés, dont certains sont décédés mais la plupart encore vivants. Ensuite, Il apparut à Jacques et puis à tous les
apôtres. " Et en tout dernier lieu, Il est même apparu à l'avorton que je suis. Car je suis le plus petit des apôtres, je ne mérite pas le nom d'apôtre, puisque j'ai
persécuté l'Envoyé de Dieu" (1 Co 15, 8-9).
Ce passage de Paul est sans doute la source la plus ancienne et la plus fiable pour notre foi en la résurrection. Le texte semble même plus ancien que les récits de Pâques dans les
Evangiles. Mais Paul a encore plus à dire. Notamment à propos de notre réusrrection physique. Les Corinthiens avaient énormément de difficultés à ce sujet
: comment un corps mort peut-il ressusciter ? Il est réduit en poussière, quasiment sous nos yeux. Et de se demander "Mais comment les morts ressuscitent -ils ? à quoi
devraient ressembler leurs corps ? " (1 Co 15, 35). Bête question", réplique Paul. Mais il y répond tout de même. Il fait une comparaison avec la
nature. Tout ce qui est semé doit d'abord mourir avant de pouvoir germer et grandir. La semence est enfouie dans la terre et meurt. Elle est même infiniment
petite, lisse, brune et dans la moindre similitude avec la plante, la fleur et le fruit qui en germeront. Pourtant, cette tige-là, cette fleur ou ce fruit appartiennent bien à cette
petite semence-là et à nulle autre. Mais, morphologiquement, il n'y a pas la moindre ressemblance. Ainsi en sera-t'il pour not résurrection physique. Ce sera
bien notre corps qui ressuscitera, mais il ne ressemblera pas au corps qui fut confié à la terre. " Il en est ainsi pour la ressurection des morts: semé corruptible, on ressuscite
incorruptible ; semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force ; semé corps animal, on ressuscite corps spirituel" (1 Co 15,
42-44).
L'Eucharistie (1 Co 11, 17-34)
À l'instar de la résurrection, Paul nous rapporte le plus ancien réçit sur la Dernière Cène et l'institution de l'Eucharistie. Ici encore il
dit explicitement que ce qu'il nous écrit ne vient pas de lui mais de la plus ancienne tradition transmise à lui. Il s'agit là d'une donnée qui ne remonte pas à plus de dix ans après le
Jeudi Saint. Paul affirme à nouveau: "Ce que j'ai reçu et que je vous ai transmit remonte au Seigneur Lui-même. (1 Co 11, 23).
Il fait donc à nouveau usage de formule consacrée, qui se sont forgée d'années en années grâce à la fidèle transmission^de ce qui s'était passé ce soir-là avant la Passion de Jésus.
D'ailleurs, chaque fois que nous célébrons l'Eucharistie, maintenant encore, nous respectons cette même formulation et ces mêmes mots, prononcés dans le même ordre: "Il prit du pain, rendit grâce,
le rompit et dit: ' Ceci est mon Corps pour vous ; faites ceci chaque fois en mémoire de Moi' (1 Co 11, 23s). Et de même avec la coupe de vin. Paul met au-dessus l'accent
sur le don de soi jusqu'à la mort : "Mon corps livré et rompu pour vous" ! et pour la coupe, il souligne: " cette coupe est la nouvelle Alliance scellée par mon sang" (1 Co 11, 25b).
L'aspect sacrificielle et la force salvifique de l'Eucharistie sont clairement énoncés. Une alliance est toujours conclue par un sacrifice. Enfin, il n'y a aucun doute que
le Christ lui-même devient présent sous forme de pain et de vin. "Celui qui mange et boit sans réaliser qu'il s'agit du corps du Seigneur, décrète sur lui sa propre condamnation" (1 Co 11,
29). Il ne s'agit donc pas d'un simple souvenir, ni d'une image ou d'un symbole du corps et du sang du Christ. Il s'agit de Lui en personne.
La faiblesse de l'apôtre (2 Co 4, 7-10 ; 5, 1 Rm)
L'image que nous avons spontanément de Paul est celle d'un athlète, d'un homme énergique, jamais démoralisé, fort et persévérant. Non pas un perdant mais
un gagnant. Il était cela aussi, bien-sûr, mais il ne l'était pas naturellement. Cette force lui venait d'ailleurs. Par lui-même, Paul n'est rien. Il est
un pauvre homme et il le dit lui-même quand il arrive à Corinthe : "J'étais angoissé et insécurisé" (1 Co 2, 3). Et plus loin: "En éloquence, je ne suis rien, par contre je suis
excellent en sagesse". Et " Il me manque le talent d'orateur..." (2, Co 11, 6). " Nous ne sommes qu'un vase d'argile pour un tel trésor (être apôtre). Il doit
être clair que notre immense puissance ne vient pas de nous, mais de Dieu" (2 Co 4, 7). " Nous sommes sans cesse livré à la mort à cause de Jésus afin que la vie de Jésus soit,
elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle"(2 Co 4, 11).
Cette faiblesse ne le décourage pourtant pas. Elle ne le fait pas douter. Car Dieu travaille en lui. "Nous sommes harcelés de toutes part, mais
sans jamais être écrasés. Nous sommes pris d'incertitude, mais ne sommes jamais désespérés. Nous sommes persécutés, mais jamais abandonnés. Nous sommes
terrassés, mais non achevés" (2 Co 4, 8s).
Jamais apôtre a t'il autant souffert pour l'Evangile que Paul ? Paul ne veut pas se comparer aux autres apôtres. Mais les Coritnhiens l'y obligent. Et il se laisse
tenter à dire quelque chose de lui-même. " Je suis bien amené à me vanter" (2 Co 12, 1). Suite alors une longue liste de déboires et d'épreuves. " Sont-ils, eux, ministre du
Christ ? - je vais dire une folie - moi, encore plus. J'ai trimé plus qu'eux, j'ai été d'avantage en prison, j'ai enduré d'avantage de coups, j'ai été d'avantage en danger de
mort. Cinq fois, les Juifs m'ont infligé la punition des quarante coups de fouet, trois fois j'ai reçu la bastonnade, une fois on ma lapidé et trois fois j'ai fait naufrage.
Une fois, j'ai flotté un jour et une nuit sur la mer. J'étais toujours en route, menaçé par des rivières, des bandits, des compatriotes et des étrangers. J'ai connu les
dangers des villes, du désert, de la mer et des faux-frères. J'ai trimé encore et encore souvent sans pouvoir dormir, affamé et assoiffé, souvent sans manger, transi et
sans habits. Sans parler du reste : la pression éprouvée quotidiennement à cause de mon souci des communautés" (2 Co 11, 23-28).
Un autre apôtre a t'il jamais été aussi faible ? Quelqu'un a t'il jamais connu autant de déboires ? " Si quelqu'un est faible, c'est bien moi ; aucun autre n'a été aussi
accablé par des tentations, j'en suis rongé ..." (2 Co 11, 29). " SI je dois me vanter de quelque chose, c'est de ma faiblesse" (2 Co 11, 30). Ce défilé impressionant
de douleurs, de souffrances et de déboires fait de Paul un apôtre qui a bien dû faire entièrement confiance à Dieu. Il n'y avait pas d'autres issues. Plus il est
faible, plus il a confiance et plus il parle avec courage : " Il est écrit" dit Paul, " je gardais confiance, cela me permettait de parler" (2 Co 4 13).
à suivre en part 7...
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
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