Samedi 9 mai 2009
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Notre Saint Père a reçu un accueil très chaleureux de la part de la famille royale jordanienne. Les deux états collaborent ensemble à une recherche
de la paix pour la région.
Nous vous communiquons ci-dessous le 1er discours officiel du Pape Benoit XVI en Jordanie à l'Institut Regina Pacis.
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
Discours de Benoît XVI au centre Regina Pacis de Amman
Béatitudes,
Excellences,
Chers Amis,
Je suis très heureux d’être ici avec vous cet après-midi, et de saluer chacun de vous ainsi que les membres de vos familles, où qu’ils se trouvent. Je remercie Sa Béatitude le Patriarche Fouad Twal
pour ses aimables paroles de bienvenue et de manière particulière je salue la présence parmi nous de Mgr Selim Sayegh, dont l’intuition et le travail pour ce Centre, avec ceux de Sa Béatitude le
Patriarche émérite Michel Sabbah, sont aujourd’hui honorés par la bénédiction des nouvelles constructions qui viennent juste d’être réalisées. Je désire également saluer avec grande affection les
membres du Comité central, les Sœurs comboniennes et l’équipe dévouée des laïcs en incluant tous ceux qui travaillent dans les nombreux départements et unités de ce Centre. Votre réputation
d’excellence pour la compétence professionnelle, pour les soins pleins de compassion et la promotion sans défaillance de la juste place dans la société de ceux qui sont particulièrement dans le
besoin, sont bien connus ici et dans l’ensemble du Royaume. Je remercie les jeunes ici présents pour leur accueil chaleureux. C’est une grande joie pour moi d’être parmi vous.
Comme vous le savez ma visite au Centre Notre-Dame de la Paix, ici à Amman, est la première étape de mon pèlerinage. Comme d’innombrables pèlerins avant moi, je peux, à mon tour, satisfaire le
désir profond de toucher, de tirer réconfort et de vénérer les lieux où Jésus a vécu, lieux qui ont été sanctifiés par sa présence. Aux temps apostoliques déjà, Jérusalem était le premier lieu de
pèlerinage des Chrétiens, mais plus tôt encore, dans l’ancien Proche-Orient, les peuples sémitiques avaient construit des sanctuaires pour marquer et commémorer une présence ou une action divine.
Et les gens simples voyageaient vers ces lieux portant une part des fruits de leur pays et du bétail pour les offrir en hommage et en action de grâce.
Chers amis, chacun d’entre nous est un pèlerin. Nous sommes tous incités à avancer avec courage sur le chemin de Dieu. Dans nos vies, naturellement, nous avons tendance à regarder en arrière –
parfois avec regrets et douleur, souvent avec gratitude et satisfaction – ; nous regardons aussi vers l’avenir – parfois avec impatience ou anxiété, mais toujours avec désir et espérance,
sachant aussi que d’autres sont là tout au long du chemin pour nous encourager. Je sais que les chemins qui ont conduit beaucoup d’entre vous vers le Centre « Regina Pacis » ont été
marqués par des souffrances ou des épreuves. Certains d’entre vous luttent courageusement avec des handicaps, d’autres ont enduré le rejet et d’autres encore sont venus vers ce lieu de paix
simplement pour y chercher encouragement et réconfort. Le grand succès de ce Centre réside, je le sais, dans la promotion de la juste place à accorder aux personnes handicapées dans la société.
Pour cela, le Centre propose que des exercices et du matériel adapté soient fournis en vue d’une telle intégration. Pour votre clairvoyance et pour votre détermination vous méritez tous d’être
encouragés et grandement loués.
Parfois, il est difficile de trouver une justification à ce qui apparaît seulement comme un obstacle à surmonter ou même comme une souffrance – physique ou émotionnelle – à endurer. Cependant la
foi et l’intelligence nous aident à découvrir un horizon au-delà de nous-mêmes et nous permet de nous représenter la vie comme le fait de Dieu. L’amour inconditionnel de Dieu, qui donne vie à
chaque être humain, donne un sens et un but à toute vie humaine. C’est un amour sauveur (cf. Jn 12, 32). Comme les chrétiens le confessent, c’est à travers la Croix que Jésus, en fait, nous
introduit à la vie éternelle et, ce faisant, il nous indique la voie à suivre – le chemin d’espérance qui guide chacun de nos pas le long de la route, pour que nous devenions ainsi porteurs de
cette espérance et de cette charité pour les autres.
Chers amis, à la différence des pèlerins du passé, je ne viens pas avec des présents ou des offrandes. Je viens simplement avec une intention, une espérance : prier plus particulièrement pour
le don précieux de l’unité et de la paix très spécialement au Moyen-Orient. Paix pour chaque personne, pour les parents et les enfants, pour les communautés, paix pour Jérusalem, paix pour la Terre
Sainte, pour la région, paix pour la famille humaine tout entière ; la paix durable qui naît de la justice, de l’intégrité et de la compassion, la paix qui surgit de l’humilité, du pardon, et
du désir profond de vivre en harmonie les uns avec les autres.
Prier, c’est espérer en action. Et, en effet, le vrai sens de toute chose est contenue dans la prière : nous entrons dans un contact d’amour avec le Dieu unique, le Créateur universel, et, ce
faisant, nous comprenons la futilité des divisions humaines et des préjugés et nous découvrons les merveilleuses possibilités qui s’ouvrent devant nous lorsque nos cœurs sont convertis à la vérité
de Dieu, à Son dessein sur chacun de nous et sur le monde.
Chers jeunes amis, c’est à vous en particulier que je désire dire, étant au milieu de vous, que c’est de Dieu que je tire ma force. Les épreuves que vous avez subies, votre témoignage de compassion
et votre détermination à dépasser les obstacles que vous rencontrez, m’encouragent à croire que la souffrance peut apporter des changements dans le sens du bien. A travers nos propres épreuves, et
en étant aux côtés des autres dans leurs luttes, nous entrevoyons l’essence de notre humanité, nous devenons, pour ainsi dire, plus humains. A un autre niveau, nous découvrons que même des cœurs
endurcis par le cynisme, l’injustice ou le peu de volonté de pardonner, peuvent toujours être rejoints par Dieu, et qu’ils peuvent toujours être ouverts à une nouvelle manière d’être, à une vision
de paix.
Je vous exhorte tous à prier chaque jour pour notre monde. Et aujourd’hui, je désire vous demander d’accomplir une tâche spécifique : veuillez, s’il vous plaît, prier pour moi chaque jour de
mon pèlerinage ; pour mon renouvellement spirituel personnel dans le Seigneur et pour la conversion des cœurs sur le chemin de pardon et de solidarité que Dieu ouvre afin que mon espérance –
votre espérance – pour l’unité et la paix dans le monde porte des fruits abondants.
Que Dieu bénisse chacun de vous et vos familles, ainsi que les enseignants, les soignants, les administrateurs et les bienfaiteurs de ce Centre ! Que Notre-Dame, Reine de la Paix, vous protège
et vous guide sur le chemin de Son Fils, le Bon Pasteur !
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
Une fois de plus, de nombreux observateurs guettent d’éventuels faux pas du pape lors de son voyage en Terre sainte, et en particulier à Jérusalem. Il faut dire que la ville « trois fois sainte » suscite parfois des comportements délirants. Et il n’y a pas besoin d’être pape pour y être sujet :
parmi la foule des voyageurs, pèlerins ou touristes qui se pressent à Jérusalem depuis des siècles, un petit nombre est victime de ce que les spécialistes appellent le syndrome de Jérusalem, sorte de bouffée délirante issue d’un choc émotionnel non maîtrisable lié à la proximité des Lieux saints. Chaque année, une quarantaine de personnes seraient hospitalisés à Jérusalem pour ce type de symptômes.
Une étude de ce syndrome de Jérusalem par des médecins de l’hôpital psychiatrique israélien de Kfar Shaul a été publiée dans le British Journal of Psychiatry.