Jeudi 14 mai 2009
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Un pape qui se rend à Yad Vashem
(Israël) est et restera toujours un moment historique, car à travers cet homme, le Pape, c'est l'Eglise dans son entiereté qui reconnaît la Shoa, le massacre de 6.000.000 de Juifs
pendant la deuxième guerre mondial. Ce lieu sacré est lieu de mémoire. Mémoire du peuple Juifs pour ses martyrs et si nous disons martyrs, nous devons considérer chaque Juif
assassiné à Auschwitz, Maïdanek, Treblinka et tant d'autres endroits comme un(e) Saint(e).
Voilà un discours qui fera peut-être bondir quelques vieux catho's d'un autre âge, et pourtant à ceux qui ont envie de "bondir", je dis ceci: Ne venons-nous pas tous d'un même Père? Un
seul Dieu ne nous a-t'il pas créé ?
Un homme égal un homme et tous nous sommes égaux devant Dieu. Dire le contraire, penser le contraire n'est pas du Christ mais de Satan. Je crois que chaque catholique,
chaque être humain sur terre devrait, au moins une fois dans sa vie, aller et méditer à Yad Vashem lors de son pélerinage en Terre Sainte, tout comme visiter un camp de
concentration. Ceci est particulièrement vrai pour les jeunes.
J'ai visité Maïdanek en Pologne près de Lublin en 2003. Si l'on a une conscience, on ne peut jamais ressortir de ce genre d'endroit comme auparavant. On y entre
d'une manière, on en ressort d'une autre manière. Les catholiques ont eu beaucoup et ont encore beaucoup de martyrs de part le monde aujourd'hui. Nous aimerions que
les chrétiens disposent d'un tel endroit de la mémoire pour tous nos martyrs et je l'ai déjà dit, nous avons des leçons à prendre du peuple Juif dans le travail de la mémoire. Cela
ferait, à n'en pas douter moins de crétins sur terre du style, par exemple, de l'évêque Williamson, si vous voyez de quoi je veux parler...
Fr Dominique
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
Discours du Pape Benoît XVI à Yad Vashem (Israël)
« Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom (…) ; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé »
(Is 56, 5).
Ce passage du Livre du prophète Isaïe offre les deux mots simples qui expriment solennellement le sens profond de ce lieu vénéré : yad « mémorial » ; shem
« nom ».
Je suis venu pour rester en silence devant ce monument, érigé pour honorer la mémoire de millions de personnes tuées dans l’horrible tragédie de la Shoah. Elles ont perdu leurs vies mais elles ne
perdront jamais leurs noms, car ils sont profondément gravés dans le cœur de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécus et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus
jamais permettre qu’une telle atrocité déshonore à nouveau l’humanité. Plus que tout, leurs noms est à jamais inscrits dans la mémoire du Dieu Tout-puissant.
Il est possible de dérober à un voisin ce qu’il possède, son avenir ou sa liberté. Il est possible de tisser un réseau insidieux de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne
méritent pas d’être respectés. Néanmoins, quoique vous fassiez, il est impossible d’enlever son nom à un être humain.
L’Écriture Sainte nous enseigne l’importance du nom pour conférer à une personne une mission unique ou un don spécial. Dieu appelle Abram, « Abraham », car il va devenir le « Père
d’une multitude de nations » (Gn 17, 5). Jacob fut appelé « Israël » car il avait « été fort contre Dieu et contre les hommes et il l’avait emporté » (cf.
Gn 32, 29). Les noms inscrits dans ce sanctuaire auront toujours une place sacrée parmi les descendants innombrables d’Abraham. Comme lui, leur foi a été éprouvée. Comme Jacob, ils ont été
plongés dans le combat pour discerner les desseins du Très-Haut. Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et
que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du cœur de l’homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies !
L’Église catholique, professant les enseignements de Jésus et attentive à imiter son amour pour tous les hommes, a une profonde compassion pour les victimes dont il est fait mémoire ici. De même,
elle se fait proche de tous ceux qui, aujourd’hui, sont objet de persécution à cause de leur race, de leur couleur, de leur condition de vie ou de leur religion – leurs souffrances sont les
siennes, et sienne est leur espérance de justice. En tant qu’Évêque de Rome et Successeur de l’Apôtre Pierre, je réaffirme l’engagement de l’Église à prier et à travailler sans cesse pour faire en
sorte que cette haine ne règne plus jamais dans le cœur des hommes. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu de la paix (cf. Ps 85, 9).
Les Écritures enseignent que nous avons le devoir de rappeler au monde que ce Dieu est vivant, même s’il nous est parfois difficile de comprendre ses chemins mystérieux et impénétrables. Il s’est
révélé lui-même et il continue d’agir dans l’histoire humaine. Il est le seul à gouverner le monde avec justice et à se prononcer sur toutes les nations avec droiture (cf. Ps 9, 9).
En regardant les visages qui se reflètent à la surface de la nappe d’eau immobile à l’intérieur de ce mémorial, on ne peut pas ne pas se rappeler que chacun d’eux porte un nom. Je peux seulement
imaginer la joyeuse attente de leurs parents alors qu’ils se préparaient avec impatience à accueillir la naissance de leurs enfants. Quel nom donnerons-nous à cet enfant ? Qu’adviendra-t-il de
lui ou d’elle ? Qui pouvait imaginer qu’ils auraient été condamnés à un sort aussi déplorable !
Tandis que nous sommes ici, en silence, leur cri résonne encore dans nos cœurs. C’est un cri élevé contre tout acte d’injustice et de violence. C’est le reproche continuel du sang innocent versé.
C’est le cri d’Abel montant de la terre vers le Très-Haut. En professant fermement notre foi en Dieu, nous faisons monter ce cri en utilisant les mots du Livre des Lamentations qui sont si pleins
de sens pour les Juifs comme pour les Chrétiens.
« Les faveurs du Seigneur ne sont pas finies,
ni ses compassions épuisées ;
elles se renouvellent chaque matin,
grande est sa fidélité !
Ma part, c’est Dieu ! dit mon âme,
c’est pourquoi j’espère en lui. »
Le Seigneur est bon pour qui se fie à lui,
Pour l’âme qui le cherche.
Il est bon d’attendre en silence
le salut de Dieu ». (Lm 3, 22-26).
Chers amis, je suis profondément reconnaissant envers Dieu et envers vous de cette occasion qui m’a été donnée de m’arrêter ici, en silence : silence pour se souvenir, silence pour prier,
silence pour espérer.
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
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