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Association Fraternité et Communauté Catholique
Internationale
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à l'heure ou dans beaucoup de pays européens, on mène tambour battant la campagne en vue des prochaines élections, voyons où en sont les conférences épiscopales qui
traitent du rapport avec les musulmans. L'islam deviendra un enjeu politique dans les temps à venir. Soyons donc particulièrement attentif à ce qui se dit à ce
sujet à commencer dans notre Eglise ... Intéressant de voir les conclusions et les évolutions ...
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International
Pour la première fois, les délégués des Conférences épiscopales pour les relations avec les musulmans du Portugal, d'Espagne, de France,
d'Angleterre, de Belgique, d'Allemagne, de Bosnie-Herzégovine, de Slovénie, de Pologne, d'Italie, de Malte, de Scandinavie, d'Autriche et de Turquie se sont rencontrés à Bordeaux en présence du
Cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, pour partager les initiatives de chaque pays dans le domaine du dialogue avec les
musulmans.
À ce congrès participaient aussi certains experts de différents horizons qui ont apporté leur contribution aux travaux.
Parmi eux, don Andrea Pacini qui a publié en 2005 une recherche sur la réalité des jeunes musulmans en Europe ; Martino Diez, directeur de la Fondation Oasis de Venise ; le père Hans Vöcking des
Pères Blancs, missionnaires africains.
La rencontre a débuté par une présentation du Card. Tauran sur le status quaestionis du dialogue avec les musulmans, qui a conduit à aborder l'étape importante constituée par la publication de la
« Lettre des 138 », d'où se développa le parcours qui a débouché sur la première rencontre du Forum catholiques-musulmans de novembre 2008 à Rome. Ces derniers mois, le dicastère présidé
par le Card. Tauran a travaillé à une ébauche d'Orientations pastorales qui seront publiées probablement après l'été.
De plus, le Cardinal a confirmé aussi bien l'importance et la complexité du dialogue avec les musulmans pour l'Église que l'opportunité qu'il offre aux chrétiens : une opportunité qui consiste dans l'invitation à approfondir la foi personnelle, pour pouvoir en témoigner et l'expliquer. C'est uniquement dans l'horizon du témoignage
réciproque, a relevé Tauran, qu'il est possible d'édifier un dialogue sincère et authentique sans dériver ou tomber dans le relativisme.
La réunion s'est poursuivie par la présentation des rapports que les délégués ont préparé sur la situation du dialogue dans leurs pays et dont a émergé la question,
toujours actuelle, de savoir quelle est la meilleure attitude et position à tenir à l'égard des musulmans présents aujourd'hui en Europe. Ce problème ne peut plus être renvoyé à une simple question de phénomène migratoire.
En effet, s'il y a encore quelques pays qui accueillent pour la première fois des immigrés musulmans, dans la majorité des pays européens, les musulmans
appartiennent désormais à la deuxième, troisième, quatrième voire cinquième génération : ce sont des personnes nées et éduquées en Europe, qui sont et se reconnaissent pleinement comme citoyens
européens.
Les questions communes d'actualité sur le front interreligieux sont nombreuses : les mariages mixtes, l'instruction et l'intégration dans les écoles et dans les
mouvements de jeunesse catholiques des jeunes musulmans, les tensions dans certaines villes européennes à propos de la construction de mosquées et de
minarets…
D'autre part, on a relevé qu'une certaine syntonie existe entre chrétiens et musulmans sur certains thèmes comme la bioéthique ou le rôle de la religion dans
l'espace public, une syntonie sur laquelle il faudrait s'investir davantage.
La présentation de don Andrea Pacini sur les jeunes musulmans européens a permis de mettre en évidence comment, pour comprendre l'identité des musulmans,
on doit prendre en considération l'intersection de trois facteurs :
1°/ Le rapport avec l'Islam « ethnique » des premières générations d'immigrés,
2°/ Le rapport avec la société européenne
3°/ Enfin, l'influence des flux transnationaux des musulmans en Europe.
De plus, on assiste toujours davantage à une différenciation entre un type plus traditionnel d'expériences liées à l'Islam des pays de provenance et d'autres formes
plus personnalisées marquées par la culture européenne, de tendance parfois plus libérales et en d'autres cas de courants « néo-orthodoxes ». Il s'agit d'autre part d'un nouveau type d'organisation, de type associatif, avec des objectifs pas exclusivement religieux, en dialogue avec la culture européenne. En tous les cas, le fait reste établi selon lequel le musulman se
reconnaît à un niveau personnel et communautaire comme faisant partie de l'Islam abstraction faite de la grande variété de
traditions.
En revanche, la présentation de Martino Diez a été centrée sur la question de l'identité de l'interlocuteur : comme c'est une question très délicate et comme il est
facile de tomber dans des formes stéréotypées qui ne correspondent pas à la réalité. Sur cette considération, il a greffé l'approfondissement du thème du métissage de civilisation en cours dans l'histoire aujourd'hui. Diez a relevé que bien qu'il pourrait apparaître
comme un problème, il va par contre affronER comme une opportunité : le métissage, s'il est gouverné correctement, peut ouvrir de nouvelles possibilités et formes de cohabitation entre des
personnes et des familles de cultures et religions différentes. Cela demande un récit réciproque en vue d'une reconnaissance. Dans une société où tous sont ouverts à ce
récit-témoignage et à la reconnaissance de l'autre, sera possible un véritable dialogue.
Le père Hans Vöcking, après avoir parcouru le travail réalisé par la Conférence des Églises catholique d'Europe avec les autres églises chrétiennes de la
KEK (Conférence des Églises européennes) dans le domaine du dialogue avec l'Islam, a souligné que l'Église est appelée à repenser son approche du thème face au fait que depuis 30 ans les
musulmans d'Europe ne rentrent plus dans la catégorie « aides aux immigrés » car aujourd'hui ils font
partie intégrante des sociétés européennes et provoquent une réflexion à la fois pastorale, sociale, caritative et religieuse.
Au terme de la session, les participants ont exprimé le désir de continuer ce travail commun parce que bien que la réalité de chaque pays présente des profils
différents, les problèmes et les difficultés communs peuvent être mieux affrontés par le partage de toutes les parties en jeu, par l'échange d'expériences avec une lecture, une analyse et une
volonté de créer des projets collégiales.
C.A.J.M.C.O. 2009
JMCO International ONG
Source asis
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