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Association Fraternité et Communauté Catholique
Internationale
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Une analyse parmi d'autres, trouvée pour vous sur le Net : André Tirmarche
Près d’un électeur flamand sur deux a voté le 13 juin 2010 pour l’un des trois partis nationalistes. Le message est clair et ne peut plus être ignoré ; ni par les
Belges francophones, ni par leurs concitoyens européens.
Ce tsunami est probablement plus violent que ne l’auraient souhaité les leaders nationalistes flamands eux-mêmes. En attirant une fois de plus l’attention de l’opinion internationale sur la
question belge, il se pourrait bien que l’ampleur du résultat suscite cette fois un intérêt encombrant, plus attentif et investigateur qu’à l’ordinaire.
Au fil des précédentes réformes de l’Etat, de multiples compétences ont déjà été transférées, dans l’indifférence plus ou moins générale, du fédéral vers les communautés et régions :
enseignement, recherche, culture, emploi, travaux publics, agriculture, logement, commerce extérieur, environnement, etc. Il ne reste plus au fédéral que la justice, la sécurité sociale, les
affaires étrangères et la sécurité.
De Wever a le mérite d’être lumineux dans ses explications: la stratégie consiste à réclamer de simples réformes de l’état ; la prochaine enlèvera au fédéral ses dernières compétences et «
évaporera » la Belgique.
La Wallonie ne formerait donc plus alors avec la Flandre qu’une confédération, pratiquement au même titre qu’elle le fait déjà avec l’Allemagne, le Royaume Uni ou la France au sein de l’Union
Européenne. A une différence près : cette Europe-là, chaque Etat l’a choisie, voulue, dans une logique de construction et en tenant compte de l’intérêt commun; alors que cette destruction de la
Belgique, c’est la Flandre qui l’impose unilatéralement – démocratiquement certes puisqu’elle est majoritaire - mais dans son intérêt exclusif, et sans contrepartie. Au passage, la région de
Bruxelles peuplée par la communauté francophone (minoritaire dans le pays) serait happée par l'Etat flamand.
Cette logique est contraire à celle même de l’Europe. Si celle-ci peut s’envisager comme une Europe des régions et des cultures, elle ne doit et ne peut en aucun cas devenir l’Europe des égoïsmes
cupides et identitaires.
Qu’on ait pris la peine de les lui indiquer ou non, De Wever connaît indubitablement les limites à respecter pour éviter les foudres des voisins européens et le prix que ceux-ci pourraient faire
payer à la Flandre une erreur sur ce terrain.
Mais le tsunami fut si violent que De Wever est confronté à un problème tactique: Avec un tel score combiné des forces indépendantistes, cette scission de la Belgique n’est plus « une évolution
tranquille », discrète, conservant les apparences d’un pays (fut-il une confédération) et qui aurait pu passer auprès de l’opinion européenne pour une évolution choisie par les deux principales
communautés d’un commun accord. Cette scission inéluctable, imposée sans contrepartie par la Flandre, est devenue une évidence choquante.
L’empressement de De Wever à déclarer (en anglais) que la Flandre ne sera jamais « stupide » au point de déclarer unilatéralement l’indépendance, n’était - évidemment - pas destiné à un auditoire
belge francophone inquiet ; mais aux européens.
Pourtant, cette déclaration unilatérale d’indépendance qu’aucun dirigeant flamand ne fera, le peuple flamand vient de la faire dans les urnes, en élisant – parmi ceux des 3 partis nationalistes
et quelques autres au sein des partis traditionnels - une majorité de parlementaires nationalistes.
Ce message que les francophones ont si longtemps refusé d’entendre, la Flandre vient de le crier tellement fort que toute l’Europe l’a entendu : La Flandre veut – et obtiendra- le divorce.
Elle en a marre de payer pour des parasites ; un langage qui ne choque plus personne en Belgique mais qui pourrait bien irriter outre Rhin, Manche, Alpes ou Pyrénées ; là où d’autres régions qui
sont elles aussi momentanément bénies du ciel (ou du sol), sont également tentés de ne se préoccuper de la direction des transferts financiers entre régions que depuis qu’ils sont passé du statut
de receveur à celui de contributeur.
Comme l’a précisé De Wever, toujours en anglais, la Flandre est une « majorité ». En cela elle se distingue en effet d’autres régions indépendantistes d’Europe qui, à fortiori, auraient encore
plus de raisons de juger insoutenable le poids d’une majorité de ''parasites''.
Il est temps, certes, de prendre acte de ce divorce. Mais il est essentiel également que l'Europe soit vigilante à ce qu'en seront les modalités qui feront jurisprudence.
Cette revendication d'un Etat flamand identitaire souverain et totalement autogéré n’est recevable qu’à la condition, précisément, de préserver le droit de la minorité francophone de Belgique à
rester elle aussi unie, au sein d’une seule entité administrative, juridique et géographique, regroupant toutes les communes dans lesquelles les francophones sont majoritaires, garantissant non
seulement l’identité culturelle de cette communauté mais aussi - et surtout - sa viabilité économique à laquelle la Flandre ne veut plus contribuer.
Il est vital que les Européens profitent de la présidence tournante belge de l’Union qui commencera dans quelques jours pour faire le siège diplomatique des représentants flamands et insister sur
ces modalités: seule contrepartie « acceptable » pour la décision unilatérale par une région «d’évaporer» un Etat membre (et accessoirement fondateur) de l’Union Européenne. Il n’en va pas
seulement de la défense d'une minorité de Belges francophones mais aussi du chemin que se choisit l’Europe.
Puisse cet appel être relayé dans toutes les langues et lancé sur tous les sites citoyens d’Europe.
(LHH - Forum du Soir)
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